L'assemblée du Grand Belfort, ce jeudi soir, pour le vote du budget. L'assemblée du Grand Belfort, ce jeudi soir, pour le vote du budget. (© My Aire Urbaine - P.-Y.R.)

Grand Belfort: un premier budget de 137 millions d'euros

Le budget 2017 de Grand Belfort, premier depuis la fusion de la CAB et de la CCTB, s'établit à 136,9 millions d'euros. Il a été adopté ce jeudi soir par les représentants des communes.

« Ce budget 2017 permet de constater la hausse de la participation du Grand Belfort au sein du capital de Tandem, afin d’accompagner au mieux les investissements et le développement de General Electric et d’Alstom sur le territoire de l’agglomération (1 595 000 € d’augmentation de capital) tout en rachetant les parts détenues par le conseil départemental dans cette Société d’Economie Mixte selon les dispositions de la loi NOTRe (soit 2 150 000 € en 2017), a expliqué Bernard Maufrey, rapporteur du budget du Grand Belfort. De même, dans l’optique d’améliorer nos échanges avec la Suisse et de faciliter l’accès à la gare TGV et à l'hôpital du nord franche-Comté, Grand Belfort participe à la réalisation de la ligne Belfort/Delle/Bienne (900 000 €). Il s’agit donc du financement de projets au service du dynamisme et de l’attractivité de notre territoire. En outre, la solidarité intercommunale n’est pas oubliée, le fonds d’aide aux communes étant renforcé et étendu aux nouvelles communes issues de l’ex-CCTB à hauteur de 1 514 816 €, tout en contribuant à l’amélioration de la pédagogie de nos écoles avec l’école numérique (1 866 166 €), y compris pour les écoles issues de l’ex-CCTB. Ce premier budget du Grand Belfort se veut réaliste et l’outil d’un développement harmonieux et équilibré de l’agglomération. »

Les dépenses d'investissement se répartissent de la façon suivante, pour un total de plus de 16 millions d'euros:

  • développement économique 5 496 228 €
  • aménagement du territoire 4 744 257 €
  • grands équipements 1 631 500 €
  • moyen des services 1 422 100 €
  • environnement 937 000 €
  • politique de la Ville 878 292 €
  • maintenance 534 750 €
  • ZAIC 400 000 €
  • enseignement supérieur 66 000 €
  • culture 93 800 €

L'opposition ne s'y retrouve pas

Samia Jaber (PS) a dénoncé « un doublement de la dette, sans compter les grands projets qui vont arriver ». Elle soutient la politique de développement des tablettes, mais réclame une expérimentation, avant de lancer la généralisation : « On sait que certaines écoles ne les utilisent pas. » Elle souhaite un comité de suivi pour évaluer les succès et les échecs « pour ne pas que cette politique volontariste ne soit qu'une politique d'affichage ».

Bastien Faudot (MRC) s'abstient : il estime ne pas disposer d'informations suffisantes pour juger le budget favorablement ou défavorablement. Il se réfère à une circulaire de préfet sur ce que doit contenir un débat sur les orientations budgétaires : « On retrouve tout ce que je réclamais. »

« On enquille des tableaux, on enquille des chiffres, mais il manque un certain nombre d'éléments qui méritent d'être portés à la connaissance de chacun, surtout une année de fusion. »

 

Damien Meslot, président du Grand Belfort, réfute le manque d'informations : « Il y a plus de 200 pages, mais il faut se donner la peine de le travailler ».

«Je n'avais aucune obligation de présenter un débat d'orientation budgétaire, car le règlement intérieur n'était pas encore adopté,» argumente-t-il également.

« Vous nous dites qu'il y a un fort endettement, répond-il à Samia Jaber. Aujourd'hui, nous avons des marges et nous faisons des investissements qui sont orientés vers le financement économique. Le rachat des parts de Tandem, c'est un endettement auquel nous sommes contraints par la loi. GE crée 250 emplois dans les services partagés ; les ingénieurs commencent à venir. »

Quant à l'école numérique, il répond : « Je vous trouve bien sévères. Une formation a été menée par l'Education nationale et l'entends dans les écoles qu'il y a une grande satisfaction. »

Enfin, il répond à des reproches de clientélisme sur les aides aux communes : « Sur l'aide aux communes, je suis totalement opposés à ce que vous souhaitez, à savoir mettre en place des règles très strictes : c'est de la bureaucratie et quand les communes veulent investir, ça ne tombe jamais dans la bonne case. J'ai souhaité que ce soit simple et lisible. »

Le budget est adopté par 86 oui, 3 non, 8 abstentions.

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.