Territoire de Belfort: le président fier de sa gestion, l'opposition en quête de projets

Florian Bouquet a présenté un budget qui se veut de bonne gestion et en rupture avec la gestion de la précédente majorité, notamment sur l'endettement. Mais où sont les projets, rétorque l'opposition de gauche et du centre ?

Florian Bouquet entend poursuivre la politique entamée depuis deux ans dans la gestion du département. Il a souligné la baisse de 27% des recettes depuis 2014 pour justifier la « nécessité d'adapter nos politiques ».

L'occasion pour lui de donner un satisfecit à sa gestion depuis 2015 en mettant en avant la « baisse des dépenses de fonctionnement depuis 2015 ».

« Nous consolidons les investissements à un niveau important, compte tenu de la taille de notre département. » Le Département va investir 17 millions d'euros. Florian Bouquet a également expliqué que « la dette a cru de 83% sur la période 2006 – 2014 ; 2015 marque une année de rupture puisqu'elle a baissé de 12% depuis cette année-là ».

« Je ne critique pas les investissements qui ont été faits, a-t-il expliqué, mais ils ont été trop lourds pour les capacités de notre département. »

Le poids du TGV

Jean-Claude Monnier, qui siégeait déjà au département lors de la précédente mandature s'est alors empressé de préciser que, « dans la dette du Département, il y a 25 millions d'euros destinés à la ligne LVG et il fallait le faire ». Ce que n'a pas contesté Florian Bouquet, qui a d'ailleurs admis avoir voté favorablement  les budgets investissements lorsqu'il était dans l'opposition.

Le président a ensuite poursuivi en justifiant les hausses d'impôts de 2016, dénoncés auparavant par l'opposition à l'occasion de la présentation du compte administratif : « Moins 12% d'endettement, c'est bien supérieur  aux efforts demandés aux propriétaires bailleurs. En face des 200 000 €, nous avons été rendus éligibles à un fonds de 2,7 millions d'euros. La dette en euro par habitant est passée de 762 € par habitant en 2015 à 645€ par habitant en 2017. »

Bastien Faudot, comme lors du débat d'orientations budgétaires en début d'année, a dénoncé un « vide sidéral de projet, ce qui est inquiétant pour une troisième année de mandat, où on devrait démarrer les grands investissements. La seule règle, c'est la baisse des dépenses dans à peu près tous les domaines. »

Et d'énumérer, pour les dénoncer, les baisses qu'il a relevées dans le projet de budget : « Action sociale de proximité, en baisse de 35% ; 59% de baisse de financements pour l'agriculture ; espace naturel et  randonnée : -52% ; sites de loisirs : -23% ; enseignement supérieur : -39% ; réseau routier départemental : 10% »

« Les hausses sont à peu près toutes des contraintes nouvelles ; aucune ne manifeste une volonté. L'action du département se limite à ce qu'il est obligé de faire. On est en milieu de mandat et on ne voit rien venir, » s'est-il encore emporté.

Samia Jaber a poursuivi dans la même veine : « Votre budget ne décline pas les options sur lesquelles vous avez été élus. Vous ne lancez aucun nouveau projet : le Chênois, le dossier de l'Adij était prêt, comme la ligne Belfort-Delle. »

Elle a aussi dénoncé la recherche des fraudeurs au RSA : « 69 amendes sur 4500 usagers , soit 1,5%, a-t-elle constaté. Quel est le taux d'encaissement de ces amendes ? La récupération des indus est très faible. La Caf ne récupère que 10%. Cette soi-disant fraude est la plupart du temps une fraude à la survie » a-t-elle dit en substance.

Grudler dénonce les répercussions des politiques nationales

Christophe Grudler, candidat aux législatives sous la bannière d'Emmanuel Macron, a tenté de prendre de la hauteur et a porté des arguments plus généralistes, en se plaçant sur la politique nationale. « Votre budget ne présente aucune revendication. Il faut faire rentrer dans les cases plutôt que de chercher de les agrandir. La hausse de fiscalité décidée l'an dernier est toujours en vigueur, malgré les excédents. Il faut payer plus pour moins de services rendus. Je refuse que nos concitoyens assument la déclinaison locale de la rigueur. » Cette dernière phrase lui a valu les encouragements de Bastien Faudot !

« Qui a créé les modalités de financement du RSA, s'est interrogé Christophe grudler : c'est tout simplement le gouvernement de François Fillon. Les gouvernements successifs en refusant une politique de relance portent tous une responsabilité dans les retards de paiements. Qui a fait perdre le dynamisme des collectivités : Sarkozy en supprimant la taxe professionnelle et rendant les départements dépendants des dotations. » Le candidat aux législatives a dénoncé aussi le programme de François Fillon qui, pour lui, sera redoutable pour les collectivités locales, dont les départements.

Le président du conseil départemental, Florian Bouquet, n'a pas manqué de se défendre, maniant aussi l'ironie. « On nous explique que les choses étaient déjà actées !  L'Adij était un fasco financier avec des procès à tout va. «  pour Le Chênois il explqiue que le vice-président en charge du dossier avait validé le projet en conseil de surveillance, mais il y avait une divergence sur le choix de l'opérateur.»  Le président avait interdit au directeur de notifier le marché, a-t-il affirmé. « J'ai dit que l'intérêt général et des personnes âgées nécessitait de lancer le projet et j'ai demandé au directeur de notifier le marché. »

« En faisant perdre des millions aux entreprises locales, » a rétorqué Florian Bouquet, regrettant que le marché ait été attribué à une entreprise extérieure, ce que voilait éviter le prédécesseur de Florian Bouquet, Yves Ackermann.

Le budget a finalement été adopté, mais sans les voix de gauche, ni du MoDem, qui ont voté contre.

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.

Inscrivez-vous à notre Newsletter !

Entrée non valide

Suivez nous !

 

Annonceur

Annonceur Packapp

Création d'app mobile