Stéphane Juillard, du collectif des riverains de l'étang des Forges, devant la laiterie. Stéphane Juillard, du collectif des riverains de l'étang des Forges, devant la laiterie. (© My Aire Urbaine - P.-Y.R.)

Belfort: le collectif des riverains de l'étang des Forges à nouveau inquiet

L'adoption du plan local d'urbanisme lors du dernier conseil municipal de Belfort a ravivé les craintes du collectif des riverains de l'étang des Forges. Il vient de demander le classement d'une partie du site de la laiterie à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Pour le collectif des riverains de l'étang des Forges, à Belfort, le conseil municipal du 6 avril aura été une douche froide. Les élus ont en effet adopté le PLU (plan local d'urbanisme) qui rend possible la construction de logements sur le site de la laiterie.
Jusque-là, les membres du collectif étaient plutôt rassurés par les prises de position de la municipalité fin 2016 et par les réserves apportées lors de l'enquête publique. Le commissaire enquêteur préconisait notamment de limiter les hauteurs à deux étages plus les combles; de ne pas autoriser les toitures - terrasse mais de privilégier les toitures à deux pans; de limiter l'emprise au sol à 50% . « Le collectif s'est réveillé en avril, » explique Stéphane Juillard. « Le sujet n'était pas à l'ordre du jour du conseil de quartier du 29 mars, mais abordé en points divers et le PLU a été adopté au conseil municipal suivant, le 6 avril. »

Le projet ne s'inscrit pas dans l'existant

Ses motifs d'inquiétude sont nombreux : hauteur des immeubles prévus, densité, hausse du trafic automobile, devenir des bâtiments historiques.
«Le PLU est fait en fonction du projet, avance Stéphane Juillard. Or, le projet final ne s'inscrit pas dans l'existant: autour, il n'y a pas un bâtiment de plus de trois étages.» Il dénonce également le fait que les combles évoquées initialement soient devenus des attiques.
Pour lui, si 150 à 200 logements sont construits, cela engendrerait une hausse de plusieurs centaines de véhicules aux heures de pointe.
Autre inquiétude : le devenir de certains bâtiments du site, pour lesquels les bâtiments de France ont préconisé la sauvegarde, alors qu'il est prévu de les démolir.

Une fois la surprise passée, le collectif réfléchit aux actions à mener pour amender le projet. En effet, les membres du collectif ne sont pas opposés à la construction de logements : ils ont même émis des suggestions pour un « projet alternatif au tout logement ».

Première réflexion : étudier la possibilité d'attaquer le PLU, par exemple en faisant « comprendre qu'on a un aménagement public fait pour servir un projet privé ».

Autre piste, déjà mise en œuvre : écrire aux bâtiments de France pour demander l'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques de trois des bâtiments de la laiterie datant du 19e siècle. Cette démarche est accompagnée d'une lettre ouverte au préfet : « Ces bâtiments sont en bon état de conservation et sont tous trois regroupés le long de la rue de Marseille, les uns derrières les autres, indique le comité au préfet. Aussi leur préservation ne nuirait nullement à la réalisation d’un projet immobilier sur le reste du site, compte tenu de la taille de la parcelle, s’étendant sur près de trois hectares. »
Les membres du collectif demandent son appui au préfet pour l'inscription rapide de ces monuments à l'inventaire supplémentaire, de peur que la modification du PLU ne rende rapide leur destruction.
Pour les riverains, c'est un peu un contre-la-montre qui est lancé.

 

 

 

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.

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