Empoisonnement de patients à Besançon: l'anesthésiste espère éviter l'incarcération

Le président de la chambre de l'instruction a décidé de la publicité restreinte des débats, sur demande de l'avocate générale pour éviter que des "éléments couverts par le secret de l'instruction" ne soient évoqués devant la presse.

 

Le médecin anesthésiste de Besançon soupçonné de sept empoisonnements, dont deux mortels, s'est présenté ce mercredi 29 mars devant les juges qui décideront s'ils le placent en détention ou le laissent libre sous contrôle judiciaire, voire avec un bracelet électronique.

Tendu, le visage fermé et vêtu de noir, le praticien âgé de 45 ans, s'est présenté mercredi matin à 9 h 30 devant la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Besançon, accompagné de son épouse et de sa famille. Les juges rendront leur décision dans la journée. L'homme clame son innocence et espère rester libre.

Le président de la chambre de l'instruction, Gilles Raguin, a décidé de la publicité restreinte des débats, sur demande de l'avocate générale qui souhaite éviter que des "éléments couverts par le secret de l'instruction" ne soient évoqués devant la presse.

"Beaucoup de choses ont été dites, il n'y aura pas plus de dégâts de fait. Les dégâts ont déjà été faits", a déclaré devant les juges le médecin, qui conteste catégoriquement les accusations portées à son encontre et demandait que le débat reste public.

"Nous sommes effondrés", a déclaré son épouse après la décision des juges de ne pas rendre public le débat. "On est comme les victimes : on veut la vérité. On voulait que notre avocat puisse expliquer pourquoi mon mari est innocent" publiquement, a-t-elle ajouté. "Nous refuser ce droit, c'est dur". Plusieurs victimes présumées sont également venues assister à l'audience, accompagnées de leurs avocats.

Après sa mise en examen pour "empoisonnement avec préméditation", le 6 mars, le praticien avait été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention. Il a toutefois interdiction d'exercer et de se rendre dans les cliniques où il exerçait. Il a par ailleurs du verser une caution de 60000 €.

La décision de le laisser libre est "justifiée" pour son avocat Me Randall Schwerdorffer, selon lequel "il y a de vraies faiblesses en termes de charges pesant contre lui".

Le parquet, qui avait requis l'incarcération du suspect soupçonné de "faits très graves", avait fait appel de son placement sous contrôle judiciaire, estimant que son incarcération était nécessaire pour "permettre à l'enquête de se poursuivre sans pression et avec sérénité".

Ce praticien réputé et apprécié du milieu médical bisontin est suspecté de l'empoisonnement volontaire et prémédité de sept patients âgés de 37 à 53 ans, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de Besançon.

Il encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité s'il est déclaré coupable.

"On m'accuse de crimes odieux que je n'ai pas commis", s'est défendu le praticien mi-mars dans un entretien à L'Est Républicain, soulignant qu'une première enquête diligentée en 2012 sur trois des cas incriminés avait conclu, selon lui, à l'absence d'actes malveillants, avant d'être classée sans suite.

Selon l'enquête, des "doses létales de potassium et d'anesthésique" ont été volontairement administrées à quatre patients de la clinique Saint-Vincent - dont deux sont morts - et à trois patients de la polyclinique de Franche-Comté lors de d'opérations sans difficultés particulières.

Une quarantaine d'autres incidents similaires enregistrés sur une vingtaine d'années, dont une vingtaine ont été mortels, sont à l'étude pour vérifier s'ils sont d'origine criminelle.

(AFP) 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.

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