Prémanon, dans le Jura, accueille le musée. Prémanon, dans le Jura, accueille le musée. (Copie d'écran Google Maps)

Jura: le seul musée au monde consacré à l'Arctique et à l'Antarctique

Une blancheur intense, des vidéos immenses faisant défiler la banquise, dans le bruit glaçant du blizzard: l'Espace des mondes polaires Paul-Émile Victor, seul musée permanent au monde consacré à l'Arctique et l'Antarctique, a ouvert le samedi 19 février dans le Jura.

"Il s'agit du seul musée permanent consacré à l'Arctique et l'Antarctique dans le monde", affirme Anthony Renou, responsable de la communication de l'Espace des mondes polaires Paul-Emile Victor, implanté à 5 km de la frontière suisse.

Un ours blanc naturalisé de 3,30 m de haut, des manchots et des loups peuplent la salle d'exposition. Des photographies, des vidéos et des objets rapportés d'expéditions polaires (kayaks, harpons, chants enregistrés...) plongent les visiteurs dans l'expérience des pôles, pour leur faire comprendre leur importance scientifique au niveau planétaire.

Un bâtiment conçu par le fils de Paul-Emile Victor

Installé dans un bâtiment en forme d'iceberg et enterré à 60%, le musée a été conçu par l'anthropologue Jean-Christophe Victor - le fils de l'explorateur français Paul-Émile Victor - et Stéphane Niveau, guide naturaliste et directeur du lieu.

Jean-Christophe Victor, créateur de l'émission "Le Dessous des cartes" et décédé en décembre dernier à 69 ans, souhaitait "créer le premier centre culturel français consacré aux pôles" pour "émouvoir" et "faire ressentir la beauté de ces paysages et de ces lumières polaires, faire prendre conscience de la disproportion de l'Homme par rapport à la nature qui l'entoure".

Le projet s'appuie largement sur les objets et les documents rapportés des expéditions de son père Paul-Émile Victor (1907-1995), pionnier de l'écologie moderne. L'aventurier, qui a passé une grande partie de son enfance dans le Jura, a mené ses premières expéditions au Groenland en 1934.

"Alerte aux pôles"

L'exposition permanente propose, notamment aux enfants, de deviner quel animal émet ce cri étrange ou si cette fourrure appartient à un renne ou un ours.

Des explorateurs racontent aussi leurs aventures dans de petites vidéos, alors que d'autres films abordent des thèmes tels que les écosystèmes, le froid et la nuit polaire, les peuples de l'Arctique, le réchauffement climatique ou les enjeux écologiques contemporains.

"L'idée était d'ouvrir un lieu qui puisse servir de support pédagogique sur le monde polaire, tout en l'abordant de manière ludique", explique Stéphane Niveau.

"Il n'y a pas de linéarité dans la visite, les gens picorent ce qui les intéresse", renchérit Anthony Renou.

La salle d'exposition de 650 m2 s'organise en deux pôles matérialisés d'un côté par une photographie de l'Antarctique de 42 mètres de long et, de l'autre, par la photo d'une vingtaine de mètres d'un village côtier Inuit de l'Arctique.

L'exploration se termine dans un espace intitulé "Alerte aux pôles", où une vidéo interroge et sensibilise les spectateurs sur la préservation de ces espaces glaciaires uniqueset sur les conséquences de la fonte de la banquise et de la hausse du niveau des mers.

Une allure de glacier acéré

L'Espace des mondes polaires, qui a bénéficié de fonds régionaux et européens, est doté d'un centre de documentation qui rend les collections accessibles aux étudiants et aux chercheurs, ainsi qu'aux représentants d'autres musées.

Plus qu'un simple musée, le bâtiment conçu par les architectes jurassiens Gilles Reichardt et Gilles Ferreux, intègre également une salle d'exposition temporaire, une patinoire, une salle de conférence, une salle polyvalente et un restaurant, sur surface totale de 5300 m2.

L'édifice de verre et de métal, à l'allure de glacier acéré, se veut écodurable. Il bénéficie d'une grande inertie thermique et, avec ses faibles besoins, vise l'autonomie énergétique grâce à 16 puits géothermiques et à la récupération de la chaleur des générateurs de froid, utilisés pour la glace de la patinoire. La communauté de communes de la station des Rousses, qui gère l'établissement, espère attirer 50000 à 70000 visiteurs par an.

(Angele Schnaebelé - AFP)

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.

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