Marie-Noëlle Biguinet : "Nous refusons de mettre en péril MA scène nationale" (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Marie-Noëlle Biguinet : "Nous refusons de mettre en péril MA scène nationale"

La maire de Montbéliard Marie-Noëlle Biguinet a organisé une conférence de presse pour donner ses exigences et ses craintes vis à vis du rapprochement des théâtres de Belfort et de Montbéliard.

Il y a quelques mois, My Aire Urbaine avait évoqué le possible rapprochement des deux théâtres de Belfort et de Montbéliard. Le 8 avril, lors de la première séance de travail du pôle métropolitain, le sujet a divisé les maires des deux villes et Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, a décidé de s’exprimer afin de « donner des éclaircissements, car il n’est pas certain que tout le monde ait bien compris ce sujet capital ».

 

Afin de remettre tout cela dans son contexte, la direction régionale des affaires culturelles (Drac) a mis en évidence à l’automne 2016, la nécessité de rapprochement des deux scènes nationales situées à 20 kilomètres l’une de l’autre à savoir le Granit et Ma Scène nationale. Avec le départ à la retraite du directeur du Granit en juin, ce projet était lancé et Damien Meslot avait alors coupé une partie des subventions au théâtre en vue d’une direction commune.

 

Aujourd’hui, le sujet n’a pas beaucoup avancé et la mairie de Montbéliard a tendance à freiner par peur « de brader notre théâtre et de le mettre en difficulté », confie Philippe Tissot, l’adjoint en charge de la culture. Favorable à un rapprochement, la mairie de Montbéliard ne le fera que sous conditions. D’abord, que le recrutement se fasse dans le cadre d’un appel à candidature et que l’actuel directeur de Ma Scène nationale puisse candidater. En effet, Yannick Marzin, directeur du théâtre de Montbéliard est actuellement en contrat à durée indéterminé et la Ville de Montbéliard ne veut pas payer des indemnités de départ « alors que la compétence de M. Marzin n’est plus à prouver, et la bonne santé de Ma Scène nationale est à mettre en grande partie à son crédit », déclare Philippe Tissot. La mairie milite également pour la création d’un poste de préfigurateur qui s’occupe de la question artistique, sujet qui n’a pas été abordé lors de la réunion du pôle métropolitain.

 

« Pourquoi autant de précipitation ? »

 

Deuxième condition, la maire de Montbéliard souhaiterait que le jury censé choisir le directeur « tienne compte des parts respectives des différents financeurs ». Si la mairie de Belfort veut représenter la moitié du comité de choix, elle est loin du compte sur le plan financier. En 2017, Ma Scène nationale est subventionnée à hauteur de 1,6 million d’euros par la ville de Montbéliard, Pays de Montbéliard Agglomération, la ville de Sochaux et celle de Bethoncourt. Le Granit reçoit en revanche 500 000 € de la ville de Belfort et 118 000 € du Grand Belfort, soit 618 000 € en tout. « Sur cette fusion, on n’a pas de leçon à recevoir », déclare l’adjoint à la culture. « Les gens de Belfort au départ ne souhaitaient même pas que le directeur de Montbéliard puisse être candidat, poursuit l'élu. Le député-maire (Damien Meslot, NDLR) disait on ne fait pas du neuf avec du vieux, on recrute quelqu’un qui est neutre. »

 

Mais au-delà des problèmes financiers, c’est surtout la précipitation avec laquelle se font les choses qui inquiètent la maire. « Pourquoi autant de précipitation ? Nos collègues élus à Pays de Montbéliard Agglomération et de Montbéliard ne sont même pas au courant. Nous serons très vigilants et nous ne sommes pas prêts à lâcher quoi que ce soit, la scène de Montbéliard n’a pas la vocation à devenir l’annexe du Granit. » L’adjoint à la culture se permet même de rappeler les précédents du genre : « Quand il y a eu les discussions pour l’hôpital c’est comme cela que cela a démarré ; vous avez vu comment ça s’est terminé. La gare TGV devait être centrale ; elle ne l’est pas du tout. »

« On est d’accord pour travailler tous ensemble, mais sous les conditions que nous avons données. Elles ne sont pas respectées pour le moment et nous refusons de mettre en péril Ma Scène nationale et ses 35 employés sous le prétexte du travailler ensemble. » Le message est clair.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.

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