25 ans après, l’affaire Stéphane Dieterich aux assises de la Haute-Saône

La cour d’assises de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort juge jusqu’à vendredi Christophe Blind, à Vesoul (Haute-Saône). Il comparait pour l’assassinat, à côté de Belfort, de Stéphane Dieterich en 1994.

Vingt-cinq ans après les faits, l’affaire Stéphane Dieterich devrait connaître son dénouement. Stéphane Dieterich, un étudiant belfortain, a été tué dans la nuit du 4 au 5 juillet 1994. Il était âgé de 24 ans. Son corps, lardé de onze coups de couteaux, a été retrouvé dans un bois à Essert, une commune voisine de Belfort (Territoire de Belfort). Jusqu’à vendredi, Christophe Blind, 49 ans, comparait devant la cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Le prévenu est accusé d’assassinat.

À l’époque des faits, l’auteur présumé a déjà été placé en garde de vue en qualité, alors, de témoin. C’était une des nombreuses pistes étudiées par les enquêteurs car il était l’une des dernières personnes à avoir vu la victime vivante. Christophe Blind n’avait toutefois pas été mis en cause. En octobre 2001, une ordonnance de non-lieu est même prononcée. On reconnait formellement que l’auteur n’est pas identifié. La famille fait appel de cette décision. En 2003, un arrêt de la cour de cassation la confirme. « On l’a saisie pour gagner du temps », confirme Sylvain Dieterich, frère aîné de la victime et partie civile. Leur objectif, repousser l’échéance liée au délai de prescription, de 10 ans à l’époque pour un crime. Ce délai est de 20 ans aujourd’hui.

La préméditation en question

En 2013, rebondissement. Des scellées non exploitées sont analysées à l’aune des avancées techniques. Le rapport d’expertises motive la saisie d’un juge d’instruction au mois de février. L’enquête repart, quelques mois avant le délai de prescription. Un contexte médiatique, notamment la diffusion de deux émissions de télévision abordant ce meurtre non élucidé, et l’activité associative de la famille pour faire vivre la mémoire de Stéphane Dieterich, permettent l’apport de nouveaux témoignages aux enquêteurs. En décembre 2015, Christophe Blind est placé en garde à vue et reconnaît les faits. Il est mis en examen pour assassinat et écroué. Selon nos informations, sa version des faits a évolué. Pour l’avocat de la défense, maître Dami Le Coz, « Christophe Blind a précisé les choses ».

Le procès devra répondre à la question du mobile. Des agressions sexuelles à l’origine de l’acte comme le tonne la défense ? « Il va vendre sa salade car il est bien conseillé », répond Sylvain Dieterich, qui évoque plutôt des raisons financières.

Au regard de la procédure, la préméditation* sera aussi au cœur des débats. Si le parquet avait requis une mise en examen de Christophe Blind pour assassinat, le juge d’instruction avait, quant à lui, retenu le meurtre. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Besançon a finalement renvoyé le prévenu devant la cour d’assises pour assassinat.

Un meurtre est un homicide intentionnel. Un assassinat est, quant à lui, un homicide volontaire prémédité.

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