À Héricourt, l’Odyssée du cirque poursuit son histoire

Au mois de novembre, l’Odysée du cirque a quitté Bavilliers pour écrire de nouvelles aventures dans le pays d’Héricourt. En projet, la construction d’un centre de formation professionnelle des arts du cirque.

« À présent, on peut parler développement. » La phrase est signée Christiane Gibert, l’historique présidente de l’Odysée du cirque, en poste depuis 1989. Les chapiteaux ont quitté Bavilliers le 26 novembre. Ils sont accueillis provisoirement par la communauté de communes de pays d’Héricourt au bord de la 4-voies reliant Héricourt à Lure, dans la zone d’activités des Guinottes, à côté du Leclerc drive et de la célèbre chaîne de fastfood dont l’égérie est un clown… Joli clin d’oeil ! Cet été, le cirque devrait s’installer à une centaine de mètres, à Échenans-sous-Mont-Vaudois, sur un terrain d’un hectare mis à leur disposition par la collectivité. « Nous allons créer une plateforme pour les accueillir et pérenniser leur activité », confirme Fernand Burkhalter, le président du pays d’Héricourt. La parcelle d’accueil provisoire est, quant à elle, réservée pour un complexe hôtelier.

Une structure pérenne

C’est dans le pays d’Héricourt que s’écrit le futur de l’Odysée du cirque. Le projet est aujourd’hui en cours d’écriture. Un investissement d’un million d’euros est évoqué pour construire les équipements. On envisage l’installation de chapiteaux avec des ossatures fixes. Une réflexion est menée pour savoir s’ils seront complétés de structures en dur.

Christiane Gibert, présidente de l'Odysée.

« Ce sera fait en fonction de l’agrément régional », détaille le président du pays d’Héricourt. Aujourd’hui, l’agrément ne permet que la construction de la plateforme. Au-delà de l’école du cirque, « le projet consiste, avec la communauté de communes du pays d’Héricourt, à la construction d’un centre de formation professionnelle des arts du cirque », détaille Christiane Gibert. C’est même l’une des contreparties de l’accueil du pays d’Héricourt. « Nous allons signer une convention d’objectifs et de moyens avec la collectivité », explique la présidente.

Une vitrine pour Héricourt

Ce centre de formation devrait proposer des modules relatifs aux arts du cirque ou au suivi quotidien de la sécurité des chapiteaux. Après une année 2018 traversée dans l’incertitude, les auspices de 2019 sont meilleurs. Les sourires sont sur les lèvres et l’accueil des nouveaux voisins a été chaleureux. « Nous avons beaucoup de contacts. On sent que les gens ont envie d’avoir quelque chose et ils nous aident. » L’Odysée du cirque représente une belle vitrine pour ce territoire. « Ils cherchent de l’attractivité », estime Christiane Gibert. « C’est un élément d’identité et de rayonnement du territoire », confie de son côté le président.

Le projet, soutenu par la Région, s’inscrit dans des enveloppes dédiées aux actions métropolitaines rappelle Fernand Burkhalter. « Nous avons la chance d’accueillir une association qui a un rayonnement à l’échelle de toute l’Aire urbaine », se réjouit-il. Le Pôle métropolitain pourrait donc aussi accompagner la structure et son développement. La nouvelle localisation est stratégique, l’accès depuis le pays de Montbéliard, Belfort ou la Haute-Saône étant facilité par la proximité de la R.N. 1019. Le déménagement dans le pays d’Héricourt de l’Odysée du cirque ouvre le champ des possibles. Au-delà du centre de formation professionnelle, l’association aimerait aussi se tourner davantage vers les entreprises, en accueillant par exemple des séminaires ou encore des team building. Des idées qui ne sont pas nouvelles, mais qui étaient avant impossibles.

L’Odysée en chiffres

  • 5, comme le nombre de salariés de l’Odysée du cirque. Les animateurs sont formés aux arts du cirque et sont titulaires d’un BPJEPS activités du cirque. « Notre richesse, c’est d’avoir des passionnés avant d’avoir des salariés. »
  • 280, comme le nombre d’élèves fréquentant l’école du cirque chaque année, auxquels s’ajoute une trentaine d’établissements scolaires. Le déménagement a légèrement effrité les effectifs, mais la venue à Héricourt a permis d’attirer de nouveaux adeptes, originaires de Haute-Saône.
  • 380 000 euros : c’est le budget de l’association, dont 8 % sont couverts par des subventions.