Guy des Lauriers a lancé, rue Michelet, Le Vieux Garage café. Guy des Lauriers a lancé, rue Michelet, Le Vieux Garage café. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Guy des Lauriers chamboule tout en lançant Le Vieux Garage café

Après plus de 20 ans à gérer le lave-auto près du pont Michelet à Belfort, Otonet, Guy des Lauriers s’est mis à pied d’œuvre pour transformer ce garage en bar : Le Vieux Garage café. Un bar qu’il a voulu faire à son image. Rencontre.

« Un matin, je vois une personne devant la porte me demander si je peux lui laver sa voiture. J’ai dû lui répondre que maintenant je ne pouvais plus que lui offrir le café », raconte Guy des Lauriers en riant. À Belfort, ceux qui le connaissent l’appellent « le Québecois » ou « le Canadien ». Habitant de la cité du Lion depuis plus de trente ans, seul son léger accent le trahit. Guy des Lauriers a tenu pendant plus de vingt ans le lave-auto près du pont Michelet en surplombs de la gare. Le célèbre garage Otonet. Aujourd’hui, du lave-auto, il ne reste plus grand-chose, le garage ayant fait place à un immense bar. Seule la vieille enseigne et le sol avec la bouche d’égout en plein milieu semble se souvenir du passé du bâtiment. « Finir mes dernières années de travail en beauté et m’amuser un peu », tel est son nouveau leitmotiv. une manière comme une autre de justifier ce changement radical de travail, mais aussi de rythme de vie ! Dans ce bar, l’homme de 58 ans a mis sa vie, son histoire et ses passions. Lui qui accueillait déjà régulièrement des concerts dans son ancien garage.

 

 

Ancien restaurateur au Québec, Guy arrive à Belfort en 1989. Il reste d’abord dans ce secteur d’activité avant de racheter un peu par hasard le lave-auto rue Michelet. « Un lave-auto haut de gamme », concède-t-il. Une promiscuité avec des personnes d’un statut social différent qui ne l’a jamais gêné, un trait de caractère nord-américain pour lui. « En France, il y a une tendance à mettre des barrières entre les individus. Chez moi, on tutoie très facilement ; donc la conversation se fait plus facilement, plus naturellement. » Homme de contact, c’est du moins ce qu’il explique lorsqu’il rappelle les belles heures du lave-auto, où, dès le matin, il discutait avec ses clients. C’est aussi ce qui lui a donné envie de se lancer dans la création du bar Le Vieux Garage café, un moyen « de voir des gens, des jeunes, des vieux, discuter... même si pour le moment je n’ai pas trop le temps de discuter, avec le monde qu’il y a », sourit-il.

Ouvert depuis le 3 mars, le bar connaît des débuts « surprenant », pour le gérant. « On m’avait dit qu’il y aurait du monde au début – le coté “on va venir voir ce que ça donne” – mais j’ai l’impression qu’ils viennent voir tous les soirs ! » ironise-t-il tout sourire. « C’est son bébé, assure une de ses amies qui l’a accompagné lors des travaux. Quand on a vu le visage des gens qui rentraient pour la première fois, ça a été que du bonheur. » Car il aura fallu 11 mois de travail à Guy, parfois 12 à 14 heures par jour, pour réussir l’incroyable pari de transformer un garage en bar. Et le résultat se veut incomparable à Belfort. Cela va des plaques d’immatriculation québécoises qui ornent les murs aux vélos antiques qu’ils collectionnent depuis plus de 20 ans accrochés au toit ou transformés en applique pour les lampes.

Même chose pour les objets qui meublent la pièce principale. Des machines à écrire, un vieux tourne-disque, un minitel ou un (très) vieux poste de télévision… Son but ? faire de chaque table un petit salon. « Ma femme a passé plus d’un an à chiner pour trouver des fauteuils des années 1920, 1950 ou 1970 pour faire une ambiance différente et une époque différente à chaque table », détaille-t-il. Préférerez-vous le coin arcade et jukebox style année 1980 ou les fauteuils kitsch et colorés des années 1920 ? « On ne s’est donné aucune limite jusque dans les toilettes des femmes où nous avons mis un immense poster de trône autour de la cuvette, explique Guy, hilare. Si ça nous semblait une bonne idée, c’était parti » Un endroit à découvrir, c’est comme cela qu’on découvre l’homme.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.