Maude Clavequin a été réélue à la tête de la fédération du Parti socialiste du Territoire de Belfort. Maude Clavequin a été réélue à la tête de la fédération du Parti socialiste du Territoire de Belfort. (Région Bourgogne-Franche-Comté)

Maude Clavequin : « Nous sortons tous perdants de cette histoire »

Récemment réélue à la tête de la fédération du Parti socialiste du Territoire de Belfort, Maude Clavequin a appris le départ d’une quarantaine de membres du parti par voie de presse, dont Samia Jaber, conseillère départementale et conseillère municipale d'opposition à Belfort. Entre accusations de fraude électorale, positionnement trop proche de celui d’Emmanuel Macron, la vice-présidente à la Région répond aux accusations et évoque la future reconstruction du parti.

My Aire Urbaine – Comment expliquez-vous le départ de ces quarante militants ?

Maude Clavequin – On a vécu à l’échelle locale ce que François Hollande a vécu au niveau national. C’est la même situation, du moins pour ceux qui étaient sur la photo de l'article (article de l’Est Républicain, NDLR). Car je ne sais même pas qui sont ces 40 personnes. Je n’ai pas reçu de courrier présentant la démission de quarante personnes et au niveau national ils n’ont rien reçu non plus. J’attends donc des noms. J’imagine qu’il y a certains membres du MRC qui nous avait rejoints en 2013. C’est compliqué de travailler quand vous avez des désaccords sur des sujets comme l’Europe. Après, je ne suis pas surprise par la méthode, mais quand on annonce 40 personnes qui partent on les justifie. Que chacun reprenne sa liberté intellectuelle, ça me convient. Cela nous permet également de consolider notre position sociale démocrate qui est la nôtre depuis des années.

MAU – Comment avez-vous réagi à l’accusation de fraude électorale ?

MC – Je trouve cette accusation inadmissible. Je ne pensais pas qu’ils iraient jusque-là. Le vote a eu lieu à un seul endroit, tout le monde était là de 17 h à 22 h, on a dépouillé tous ensemble… Il n’y a aucune contestation possible. D'ailleurs, il n’y a pas eu de contestations le soir même. Mon élection a été validée, il n’y a pas de sujet, et il n’y en a jamais eu. C’est de la diffamation pure et simple. Ce sont de mauvais perdants qui vont jusqu’à mentir pour justifier leur départ politique. Qu’ils partent en expliquant qu’ils ne sont pas d’accords avec la ligne politique, il n’y a pas de problèmes, mais aller trouver cet argumentaire c’est particulièrement blessant. On peut régler ces problèmes autrement qu’en ternissant l’image du collectif. Au final, nous sortons tous perdants de cette histoire.

MAU – Ces militants vous accusent également d’être pro-Macron. Que leur répondez-vous ?

MC – Je ne suis clairement pas pro-Macron. Je le redis pour ceux qui n’auraient toujours pas compris. Je ne suis pas non plus dans une opposition stérile. Ils voudraient que je me place en opposition constante, sans débats, sans discussions... Quand j’estime que Macron produit de bonnes réformes, comme sur le droit des femmes ou sur sa politique internationale qui est la continuité de celle de François Hollande, comment voulez-vous vous opposez ? On peut estimer que ça ne va pas assez loin ou poser des bémols, mais on ne peut pas s’opposer à ça. Je ne vois pas l’intérêt de s’opposer pour s’opposer. Je conteste sa conduite de l’État, ses réformes économiques qui sont pour moi de droite ou encore sa politique sociale.

MAU – Le PS est-il mort ?

MC – Aujourd’hui, nous sommes en crise et j’ai envie de participer à la reconstruction du Parti socialiste. Stéphane Le Foll m’a fait confiance en me demandant d’être au bureau national avec lui. Nous sommes dépositaires d’une longue histoire de conquêtes sociales, nous avons collectivement un devoir : celui de faire revivre cette sociale-démocratie en crise dans toute l'Europe. Ça prendra du temps. À nous d’aller à la rencontre des citoyens, de penser à de nouveaux projets de société pour les prochaines échéances électorales et de les appliquer. Aujourd’hui, tout va tellement vite en politique que je ne perds pas espoir.

MAU – Quels sont les axes sur lesquels le PS doit se reposer ?

MC – Je pense qu’il y a deux axes sur lesquels nous devons nous appuyer, c’est le projet européen et l’écologie. Ces deux axes nous permettraient de partir sur des sujets transversaux comme l’économie verte créatrice d’emplois ou l’Europe sociale.

MAU – Européenne en 2019, municipale en 2020... Avez-vous des projets personnels ?

MC – Pour les  élections européennes, je ne me suis pas trop posé la question. Le nouveau mode de scrutin avec des listes nationales change la donne. C’est un sujet très intéressant, mais pour l’instant rien n’est défini en ce qui me concerne. Ce qui m’intéresse, c’est le nord Franche-Comté et sa métropolisation. Ce n’est plus dans les mairies que l’on règle les politiques locales, mais dans les agglomérations.

 

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.