79 parcours emploi-compétences ont été signés dans le Territoire de Belfort. 79 parcours emploi-compétences ont été signés dans le Territoire de Belfort. (andibreit, CC0 Public Domain)

La nouvelle formule des contrats aidés trouve son public

L’association Domicile 90 a signé son premier contrat aidé nouvelle génération avec Marine, 22 ans, qui enchaînait jusqu’alors les petits boulots. Financés à 50 % par l’État, ces nouveaux contrats mettent l’accent sur la qualité plutôt que la quantité, notamment via des programmes de formation.

« Nos inquiétudes étaient nombreuses après l’annonce d’Emmanuel Macron de diminuer le nombre d’emplois aidés », évoque Denis Piotte, président de Domicile 90, association spécialisée dans l’aide à domicile de personnes âgées et/ou dépendantes. C’est pourtant rassurée que la structure a signé le premier parcours emploi-compétences (PEC), héritier du contrat aidé, le vendredi 20 avril avec Marine, 22 ans. Il permet à des personnes éloignées de l’emploi d’être embauchées dans une structure pour une durée limitée, moyennant une subvention de l’État. L’un des cinq plus gros employeurs de la région profite de ce nouveau système pour former et fidéliser son personnel, dans un secteur où le recrutement est extrêmement difficile.

Marine Mal, premier PEC de l’association

Dans l’aide à domicile, on recrute ! Pour preuves, les 44 CDI signés l’an passé et les 25 déjà signés en 2018. Pourtant, le personnel est rare : horaires décalés, trajets nombreux et taux d’accidents du travail supérieur à ceux que l’on trouve dans le bâtiment sont autant de freins et de limites identifiés par les responsables en ressources humaines. « Ce contrat nous permet de faire découvrir ce travail et de former à moindres frais. Ce métier est finalement peu connu et il n’est pas fait pour tout le monde, d’où la nécessité de recourir à de tels contrats », explique Philippe Weber, directeur de la structure. C’est donc Marine, jeune habitante de Belfort, qui vient grossir les rangs des 360 employés de l’association. Un temps, elle était intéressée par le travail avec les enfants ; elle a passé son diplôme en Belgique. Elle découvre par la suite qu’il n’y a pas d’équivalence en France. De petits boulots en petits boulots, elle finit par découvrir l’association, qui lui propose ce contrat. Outre un travail et un salaire, le PEC lui offre la possibilité d’être formée par une tutrice, et de découvrir ce travail dans des conditions réelles.

Un nouveau système pour plus d’embauches

« Des sommes importantes d’argent public étaient mal utilisées. Si certains jouaient le jeu de la formation afin de créer des emplois, la grande majorité des bénéficiaires de ces contrats se trouvaient sans solutions à la fin », déplore Joël Dubreuil, sous préfet du Territoire de Belfort. Établi à 26 %, le taux de réussite de ces contrats était loin d’être satisfaisant. En axant, en partenariat avec Pôle emploi, sur la formation, les PEC veulent permettre aux bénéficiaires de trouver un emploi. Et s’il n’y a pas d’embauche, il permet d’acquérir des compétences professionnelles. Tutorat, structures restreintes, programme de formation, « en diminuant les volumes, ces contrats sont plus ciblés et nous espérons obtenir des taux d’embauche de l’ordre de 70 ou 80 % », estime le sous-préfet. Car si ce programme se veut l’héritier des contrats aidés, il ne s’adresse plus qu’aux collectivités et aux associations et non plus aux entreprises privées. Alors que l’État pouvait contribuer jusqu’à 75 % du salaire, la contribution s’étalonne aux alentours de 50 % désormais. Plus de 400 000 contrats aidés ont été signés en 2016 (y compris les contrats reconduits). On en envisage 200 000 en 2018 dans toute toute la France. De quoi faire également quelques économies.

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.