Marie-Claude Chitry-Clerc avec les éleveurs qui participent à Agrilocal. Marie-Claude Chitry-Clerc avec les éleveurs qui participent à Agrilocal. (Conseil départemental du Territoire de Belfort)

Agrilocal, la plateforme qui met du local dans les cantines

Filières courtes (2/6). Créée en juillet 2013, la plateforme Agrilocal met en relation des collectivités et des agriculteurs. Le but : proposer dans les cantines des collèges ou des EHPAD des produits cultivés à quelques kilomètres et ainsi faire vivre l’agriculture locale.

En 2013, l’idée a été lancée d’acheter à l’agriculteur d’à côté une partie des produits pour les repas des cantines. D’où la création de la plateforme Agrilocal. Les restaurations collectives passent désormais des commandes sur le site Agrilocal90. Le site génère automatiquement cette information aux producteurs locaux associés à la commande (œuf, lait, viande, poisson...), qui, s’ils en ont la possibilité, vendent leurs produits à la collectivité.
Entre 2015 et 2017, la quantité de produits alimentaires commandés via cette plateforme est passée de 16 à 41 tonnes dans le Territoire de Belfort et le volume financier de 35 000 à 148 000 euros. Aujourd’hui, dans les cantines des collèges terrifortains, plus de 7 % de la nourriture est issue de circuits courts.
Une victoire pour Marie-Claude Chitry-Clerc, vice-présidente à l’Environnement au conseil départemental et également vice-présidente d’Agrilocal au niveau national : « Il y a un vrai essor en ce moment, et je suis ravie d’en faire partie. Je pense que 25 % de circuit court dans les cantines gérées par le Département est un objectif réalisable. »

Un moyen de soutenir les agriculteurs locaux

Totalement gratuit pour les agriculteurs et éleveurs, la mouture terrifortaine d’Agrilocal est entièrement financée par le conseil départemental. Neuf collèges du département utilisent ce système d’achats, deux lycées, ainsi que la base militaire de Belfort. « Nous n’avons pas assez de producteurs dans le Territoire pour développer du 100 % terrifortain. Aujourd’hui, des producteurs dans le Territoire de Belfort, dans le Doubs, en Haute-Saône, et dans les Vosges livrent régulièrement les collectivités du département », explique Marie-Claude Chitry-Clerc.
Une manière de soutenir les agriculteurs et éleveurs locaux et de leur permettre de diversifier leurs ventes. Si pour le moment les agriculteurs ne peuvent vivre simplement d’Agrilocal, elle leur permet tout de même d’apporter un complément de revenus. D’autant plus que les commandes peuvent se faire de façon annuelle ou ponctuelle. Sans intermédiaire, les collectivités payent leurs produits moins chers, les producteurs réalisent une marge décente, et les clients mangent des produits locaux. Le système répond également aux réglementations en matière d’achats par les collectivités publiques (traçabilité, appel d’offres…).
La plateforme n’est cependant pas mise en place pour les particuliers, « on préfère rester dans ce que l’on sait faire, ce n’est pas un objectif pour le moment. Le gros de notre travail actuellement, c’est de l’événementiel », assure la vice-présidente du Département. Ainsi grâce aux « journées Agrilocal », organisées par le Département sous la forme de petits marchés, les relations entre producteurs et acheteurs se développent. Autres événements, « Au pré de l’assiette », l’organisation d’un goûter deux fois par an, ou encore des visites de fermes.

Désormais, la Région Bourgogne-Franche-Comté fait partie d'Agrilocal, une manière de trouver un peu plus de produits locaux dans les cantines des lycées et les restaurants universitaires.

Toute la semaine, à travers six rendez-vous, My Aire Urbaine présente les initiatives qui animent les réseaux des filières courtes dans l'Aire urbaine, en commençant aujourd'hui mardi par les collectivités et le programme Agrilocal 90, dont l'objectif est de fournir des produits locaux à la restauration scolaire. Demain, zoom sur La Place du Local.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.