Vanessa vend sa viande de porc labellisée bio au marché de Valdoie, tous les samedis matins. Vanessa vend sa viande de porc labellisée bio au marché de Valdoie, tous les samedis matins. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Dans le nord Territoire, un circuit court à l'image de ses habitants

Filières courtes (6/6). Maude, ou Noisette, jeune propriétaire de la Fontaine aux Ourses, à Giromagny, dans le nord du Territoire de Belfort, lance une vente de produits en circuit court autour d'une association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap). Un projet très local, puisque tous les producteurs travaillent dans les villages voisins de Giromagny. Dernier épisode de notre série consacrée aux filières courtes dans l'Aire urbaine.

« Dans le secteur, j’ai l’impression qu’on est un peu une bande de résistants gaulois, attaché aux racines », sourit Maude, la gérante du bar la Fontaine aux Ourses à Giromagny. Attachée aux circuits courts, en étant littéralement à deux pas de la production de la bière locale La Rebelle qu’elle vend dans son bar, elle a décidé de passer à un autre projet : la création d’une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Avec des agriculteurs venus des villages voisins, Maude compte vendre des paniers remplis de viandes, d’œufs, de légumes, d’herbes, de fruits, de pain, de fromages, de yaourts, de bière, de miel, de tisanes ou encore de sirops. De quoi tenir une semaine avant le panier suivant. Pour le moment, l’Amap souhaite réaliser trente paniers par semaine, « histoire de créer un petit réseau, que les gens se rencontrent ». Deux tarifs sont en vigueur, 25 ou 50 euros (couple ou famille), par mois. 

Les femmes aux commandes

Avec Pamela qui produit du fromage de chèvre à Plancher-les-Mines, Vanessa et ses produits issus de son élevage de porcs à Auxelles-Bas, Fanny et sa bière de Giromagny ou Florine, elle aussi à Auxelles, et ses sirops, dans cette Amap on ne trouve que des femmes. Un choix volontaire ? « Non, le pur hasard ! Il s’avère que plusieurs femmes ont repris des exploitations dans la région », assure Maude en souriant. Pour Vanessa : « Il faut du courage pour se lancer dans ce domaine et je pense que les femmes sont plus convaincues de ce qu’elles font et mettent plus d’envie, notamment autour de la communication. »

Vanessa, éleveuse de porcs à Auxelles-Bas

Dans l’équipe des fournisseurs, on trouve Vanessa. Installée à Auxelles-Bas, elle participe chaque semaine au marché de Valdoie. Malgré la pluie et le faible nombre de stands ce samedi matin, les gens s’arrêtent. « On achète pour le principe et on revient pour le goût », sourit Michèle, l’une des clientes régulières de Vanessa. Le principe, c’est le circuit court et le bio, marque de fabrique de Vanessa. Ses porcs arrivent à l’age de dix semaines et sont certifiés sans antibiotiques, ni vaccins. Même lorsqu’ils ont eu la gale de la boue, il y a quelques semaines, Vanessa a choisi de les traiter aux herbes essentielles. Élevés en plein air et nourris aux céréales, chaque porc lui coûte au cours de sa vie environ 400 euros. Pour s’y retrouver, Vanessa vend ses produits plus chers et elle le sait. Mais, comme le confirment les clients du marché, « il y a un vrai goût ». Résultat, ce matin-là, Vanessa vend du lard, des tranches de jambon, des saucissons, des saucisses fumées… Pour l’abattage, elle a également choisi un endroit qui respecte le bien-être animal, à Pusey, en Haute-Saône. Derrière son stand, elle semble apprécier la vente et être à l’aise avec les clients. Et pour cause, avant de se lancer dans l’agriculture, c’était son métier. Un vrai atout pour sa petite concession qui verra l’arrivée prochaine de nouveaux habitants : des poules et poulets.

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.