Les étudiants s’entraînent au tir, encadrés par les officiers. Les étudiants s’entraînent au tir, encadrés par les officiers. (CC Matthieu)

Les étudiants de l'IUT de Belfort-Montbéliard au garde-à-vous

Depuis une semaine, 24 étudiants de l’IUT de Belfort-Montbéliard découvrent la vie militaire à la caserne du 35e régiment d'infanterie de Belfort dans le cadre d’une semaine d’enseignement libre. Tir, cohésion d'équipe, exercices physiques… une semaine dans la vie d’un ou d’une militaire.

Au garde-à-vous, la tête bien droite. « Merci caporal-chef ». « Oui caporal-chef... » Les 24 étudiants de l’IUT de Belfort-Montbéliard se sont vite mis au pas. Pendant une semaine, ils vont prendre leur quartier dans la caserne de Belfort et vivre une expérience unique en France. « Ils sont tous volontaires et ont soif d’apprendre. C’est avant tout une école de la vie en communauté », assure l’adjudant en charge du programme. Habituellement à l’IUT de Belfort-Montbéliard, ces jeunes âgés de 18 à 21 ans devaient choisir un enseignement libre pendant une semaine, une sorte de voyage en terre inconnue. L'immersion à la caserne était proposée pour la première fois et la surprise fut de taille pour les organisateurs de voir que ce projet était celui qui recueillait le plus de candidatures. « Nous ne sommes pas là pour en faire des militaires. Mais dans le rapport aux autres, à l’autorité ou la cohésion d’équipe, il y a beaucoup de choses à apprendre à l’armée », explique l’adjudant.

« Il n’y avait plus grand monde avec les yeux ouverts à 21 h 30 »

Ce mercredi matin, c’était découverte de l’armement et séance de tir. Allongés sur le sol, les étudiants utilisent un système de simulation. Face à eux, deux écrans, dans leurs mains, des Famas, le fusil d’assaut du militaire français. Des ennemis s’approchent, il faut tirer juste. Les étudiants tentent quelques bavardages, vite repris par le caporal-chef en charge de l’exercice. Car si le week-end a été prolongé pour beaucoup, eux l’ont senti passer. « Mardi, il n’y avait plus grand monde avec les yeux ouverts à 21 h 30 », sourit l’adjudant. Marco, étudiant en génie civil, le confirme : « Physiquement, on prend un coup... » Après avoir dormi sous tente, l’exercice était de construire un brancard et de ramener l’un de leur camarade blessé à la caserne.
« On se rend assez vite compte qu’on ne peut rien faire tout seul et si on ne se connaissait pas tous au départ, on a vite créé des liens et une vraie bonne cohésion », explique à son tour Killian, étudiant en génie thermique.

L'histoire du régiment à la loupe 

De l’explication des grades aux histoires qui ont façonnées les régiments présents à Belfort, les militaires en profitent pour faire découvrir leur travail. Et les étudiants semblent conquis. Pour preuve, l’interro surprise réussie avec brio concernant le Famas : taille, poids, distance de tir, nombre de cartouches… Les réponses sont distinctes, fortes et justes. Bien sûr, ils n‘évitent ni le balai, ni le réveil aux aurores, mais l’important, « c’est de leur expliquer pourquoi on fait ça. On ne se rase pas la tête pour rien. Si on lui demande de nettoyer ça, c’est parce qu’il y a également une raison. Ça va de choses évidentes, comme ne pas pointer une arme sur son voisin, qu’elles soient réelles ou factices, à comment l’aider à se surpasser. »

Étudiants tout au long de l’année, aujourd’hui, « ils marchent au pas et en chantant en plus ! » sourit l’adjudant. Les révisions attendront.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.