On a testé pour vous… la visite numérique de la forteresse de Belfort (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

On a testé pour vous… la visite numérique de la forteresse de Belfort

Depuis quelques jours, la citadelle de Belfort est armée de nouveaux engins: des tablettes. Le numérique s’installe donc dans la visite du plus important site touristique de la ville. My Aire Urbaine vous le fait découvrir.

Ce mardi matin, je découvre la nouvelle application mise en place pour visiter la citadelle de Belfort. Une tablette est supposée me guider à travers ce haut-lieu de l’histoire de la région, et m'en faire découvrir les recoins, et bien sûr m’apprendre quelques anecdotes sur l’histoire du fort. Arrivé à l’entrée du musée de la citadelle, on me remet donc la fameuse tablette. Après un rapide tour sur le mode d’emploi, on me présente une vidéo. Rapide et efficace, la vidéo retrace le contexte géopolitique avant la guerre de 1870. Mes cours d’histoire sont un peu loin; j’en profite pour un petit rattrapage.

Je me laisse ensuite guider par une silhouette de femme qui me signale où je dois me placer. La tablette me présente alors une photo. J’aligne l’appareil photo sur le monument présenté. La vision de l’appareil photo disparaît alors et me présente la cour de la citadelle à l’époque médiévale. La cour est reconstituée en 3D et à 360 degrés. Deux tours sont présentes, en cliquant sur elles, on découvre leur fonctionnalité: le restaurant se transforme en chapelle, le musée en salle d’audience. Effet "Woaw" garanti, comme l'explique le directeur du musée, Marc Verdure.

La réalité rattrape pourtant rapidement le badaud


Après la période médiévale, je passe au XIXe. Des canons en train de tirer à la place des tables du restaurant, des pièces de jambon en train de sécher à la place du musée… Tout est prétexte à découverte et à surprise et, rapidement, l'envie vient de cliquer, de voir, de faire un tour sur soi-même...

Deux endroits attirent ensuite mon intérêt: le panorama sur Belfort du haut de la citadelle et le grand souterrain. Le premier permet de voir la ville à la Renaissance, aux XVIIIe et XIXe. Les bâtiments disparaissent et font apparaître les premiers quartiers de la ville. On les voit ensuite évoluer pour devenir la ville que l’on a sous les yeux. On en oublierait presque d’ailleurs que l’on se trouve sur l’un des plus beaux panoramas de la ville de Belfort. Et c’est le souci des tablettes: très vite, on reste rivé sur l’écran et on ne prend même plus le temps de découvrir ce que l’on a sous les yeux.

La réalité rattrape pourtant rapidement le badaud. C’est l’exemple du souterrain qui est le plus marquant. À l’époque médiévale, le souterrain était une fosse surplombée par le château. Résultat : la pierre imposante au-dessus de votre tête disparaît et vous laisse entrevoir le ciel, des chaffauts ou des latrines. Du premier tombait, directement là où je suis de l’huile chaude en cas d’assaut, du second,... pas besoin d’un dessin.

Très ergonomique et intuitive, la tablette permet également de mettre en avant plusieurs points de la visite en cliquant simplement dessus.

Du blindage qui a protégé Catherine, le canon symbole de la résistance belfortaine, qui a tiré plus de 5000 obus, pour en recevoir près de 60000, au puits profond de 67 mètres, jusqu’aux témoignages du siège… Vidéos, audio, textes, photos tous les supports sont utilisés au service de l’interactivité.

Simple d’utilisation et très complète, l’application vous guidera tout au long de la visite. Loin de remplacer un véritable guide, elle vous permettra cependant de découvrir la citadelle sous un œil nouveau.

 

Une visite d'une heure trente

L’application est conçue en français, anglais et allemand. Financé par l‘Europe, la Région et la Ville de Belfort, ce projet aura duré un an et demi pour se « matérialiser ».

Entre le trajet et les découvertes à faire à chaque endroit, la visite numérique durerait, selon les estimations du musée, environ une heure et demie.

Pour le moment en accès libre sur le site de Belfort Tourisme, cette visite sera ensuite tarifée entre 5 et 10 €.

Pour découvrir l'application avant votre visite. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.