De nouvelles solutions de transport sont mises en place pour permettre aux demandeurs d'emploi de reprendre le travail. De nouvelles solutions de transport sont mises en place pour permettre aux demandeurs d'emploi de reprendre le travail. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Pas de permis, pas de boulot: c'est fini!

La Mife du Territoire de Belfort, en collaboration avec le FASTT (fonds d’action sociale du travail temporaire) et la Région, a mis en place un système de covoiturage pour permettre aux personnes sans emplois et sans moyen de locomotion de trouver du travail.

« Vous avez le permis et un véhicule ? » Voici l’une des questions éliminatoires posées lors d’un entretien pour un emploi intérimaire dans l’industrie. Un cercle vicieux s’installait dès lors : je n’ai pas de permis donc je ne trouve pas d’emploi, mais sans emploi,  je ne peux me payer ni une voiture, ni le permis.
Mais ça, c'était avant. Depuis septembre 2017, la maison de l’information pour l’emploi et la formation (Mife) organise un covoiturage et des solutions sous le nom de Mobijob pour que la mobilité ne soit plus un frein à l'emploi.
« On a des centaines de personnes qui, à la même heure, vont au même endroit. Les usines sont loin des villes et on ne trouve pas de bus à 5 h du matin… », constate Ghazi Balti, conseiller mobilité à la Mife.

Des navettes pour commencer, la demande explose

Au départ, il était question d’organiser des navettes financées par le fonds d’action sociale du travail temporaire (FASTT). « On avait 79 personnes en trois mois; à 130 euros la navette ce n’était pas tenable », explique Ghazi Balti. Très vite, le covoiturage s’est imposé.

Pourtant, au départ ce n’était pas gagné : « Les entreprises d’intérim et leurs clients étaient allergiques au covoiturage. Ils résonnaient de la manière suivante : “Si le conducteur est absent ce sont cinq personnes absentes”. On ne peut pas non plus leur en vouloir, les amendes lors d’une absence d’un intérimaire sont énormes, alors cinq... », indique le conseiller mobilité.
Mais face à la demande toujours plus importante d’intérimaires, et le besoin de renouvellement tous les 18 mois, difficile de se priver d’une telle manne d’employés. Le système de covoiturage répond à cette question en proposant une navette en cas d’absence du chauffeur, mais « pour le moment, on ne l’utilise quasiment pas. C’est vraiment exceptionnel et ça rassure les employeurs », témoigne Ghazi Balti.

Bientôt une application

Dans son bureau, un grand tableau rend compte des voitures, des chauffeurs, « Je les choisis moi-même pour éviter que ce soit une personne régulièrement en retard, ou absente. Il faut aussi éviter que le chauffeur ait à faire des demi-tours, les personnes qu’il prend doivent être sur sa route », explique Ghazi Balti. Mustapha, à la recherche d’un emploi de longue date, était l’un des bénéficiaires du premier système de navette et en a profité pendant trois mois. Après trois salaires, il a pu s’acheter une voiture, et aujourd’hui il est l’un des chauffeurs.
Aujourd’hui, ce sont 130 personnes qui étaient, de fait, éloignées de l’emploi, qui peuvent se rendre sur leur lieu de travail et « il en arrive de nouveaux tous les jours », assure le conseiller mobilité.

En septembre prochain, une application sera mise en place, ressemblant à un fameux site de covoiturage. Le but : permettre à toujours plus de personnes de s’insérer dans le monde de l’emploi, sans négliger un côté écologique toujours plus important dans notre société actuelle.

Auparavant éliminatoire, la question du permis et du véhicule n’est plus un frein à l’accès à l’emploi dans le Territoire de Belfort.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.