Commande de TGV du futur: les syndicats restent prudents (My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Commande de TGV du futur: les syndicats restent prudents

La commande de 100 TGV du futur devrait occuper les ateliers Alstom de Belfort. Si cette commande est une excellente nouvelle pour les syndicats, ils restent prudents, notamment à cause du besoin de gain en productivité de l’entreprise.

« Commande historique », « du travail pour dix ans dans les usines françaises », les superlatifs n’ont pas manqué pour qualifier la commande de 100 TGV du futur par la SNCF auprès d’Alstom. Pourtant du côté des syndicats, et notamment pour Olivier Kohler, délégué de la CFDT, « il faut rester prudent et ne pas s’emballer trop tôt ». Il ne s’en cache pas, « sans cette commande on mettait la clé sous la porte » et le rythme de production, qui devrait s'articuler autour de 10 motrices par an est particulièrement apprécié, « c'est un super fond de roulement qu’il faudra compléter par des commandes extérieures », assure Olivier Kohler.
Pourtant le coût de la commande, qui devrait atteindre la somme de 3 milliards d'euros, a été diminué de 20 %. Il faudra donc améliorer la productivité, diminuer les coûts de production. « Pas sûr que les salariés d’Alstom soient les grands bénéficiaires de cette commande », alerte le délégué syndical.

La sous-traitance au détriment des Alst’hommes

Pour diminuer ces coûts, Olivier Kohler redoute le recours à la sous-traitance, une activité que la direction du groupe développe de plus en plus. Sur le site de Belfort, les activités de câblages, de petites soudures sont déjà concernées par cette pratique. « Ce sont des heures de travail perdues par les salariés du groupe. Il y a du travail, mais le nombre d’employés diminue, nous étions 600 il y a un an, aujourd’hui nous sommes 480. Ce n’est pas cohérent et c’est dû à cette sous-traitance », témoigne Olivier Kohler. Autre possibilité pour diminuer les coûts: une plus grosse activité du site de La Rochelle au détriment de celui de Belfort.
Aujourd’hui, Belfort réalise les motrices, et La Rochelle les wagons. De fait, les wagons sont envoyés depuis La Rochelle pour réaliser des tests à Belfort. Des dépenses qui pourraient être limitées si le site de La Rochelle fabriquait également les motrices. « On n’a aucune information, aucune perspective. On espère l’avoir rapidement, cela pourrait rassurer tout le monde ». Et ce manque de communication est attisé par d’autres sujets, notamment « l’absorption d’Alstom par Siemens », comme l’appelle le syndicaliste, un futur toujours flou notamment autour du projet industriel. « On parle d'une commande pour Alstom, mais en'est-elle pas pour Siemens finalement ? », questionne le syndicaliste de la CFDT.

« Aujourd’hui, on se contente de peu, et on a tendance à se réjouir trop rapidement. De nombreuses questions restent sans réponses. Nous espérons juste que les choix de la direction ne seront pas faits au détriment des salariés », conclut le délégué syndical. Commande historique, certainement, au profit des salariés, rien n'est moins sûr. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.