L'évacuation des faux blessés se fait petit à petit, sous les yeux des observateurs de l'Etat. L'évacuation des faux blessés se fait petit à petit, sous les yeux des observateurs de l'Etat. ( © My Aire Urbaine - Simon Vermot Desroches)

Simulation d’attentat à Belfort: un exercice nécessaire pour apprendre

Un immense exercice de simulation d’attentat a rassemblé plus de 260 participants, ce vendredi 21 septembre au matin, sur le parking de l’Arsenal à Belfort. Ce type d’exercice est devenu une obligation, et avec l’accueil des familles, la préfecture avait choisi de faire les choses en grand.

Juste derrière la mairie de Belfort, un barrage a été installé par la police municipale. Face aux policiers, une bande de jeunes tente d’accéder au parking de l’Arsenal. Ruse, course poursuite: l’ambiance est un brin comique. « Les gens qui passent doivent nous prendre des fous », lance l’une des figurantes. Car ce vendredi matin, une grande simulation d’attentat avait lieu sur ce parking.
Le scénario: alors qu’un concert rassemblant 10 000 spectateurs a lieu, une personne déclenche une bombe. Dès lors, les participants à l'exercice entrent en scène : sécurisation des lieux, recherche de survivants, prise en charge des blessés. « Cet exercice a trois objectifs, explique la préfète du Territoire de Belfort, Sophie Elizeon: faire en sorte que l’ensemble des acteurs se connaissent, apprendre en condition réelle à utiliser certains outils, et faire en sorte que certaines actions deviennent des réflexes. »

Un (faux) bilan lourd

Cette simulation, préparée dans les locaux de la préfecture depuis dix-huit mois aura mis a contribution 70 pompiers, 50 policiers, 15 gendarmes, des membres du parquet, de la police judiciaire, du SAMU, de la sécurité civile et plus de 70 figurants, principalement issus de l’école de police. En s’approchant de la place de l’Arsenal, l’aspect comique que l’on pouvait ressentit au début s’atténue rapidement. Au loin, on discerne des personnes couchées; l'une d'elles crie au secours, d’autres restent totalement immobiles.
Les forces de police sont équipées à la manière du GIGN, fusil d’assaut à la main. L’évacuation des victimes se fait petit à petit. Dès lors, les pompiers entrent en action. « Ce sont des situations auxquelles nous ne sommes pas habitués », concède le colonel en charge. Au total, une cinquantaine de personnes sont prises en charge, dont 6 tuées, 12 blessés et 7 personnes en urgence absolue.

L’accueil des familles, une première en Franche-Comté

Après l’intervention des forces de l’ordre, une seconde partie de l’exercice consistait à l’identification des victimes et à l’accueil des familles. « Il n’y a eu qu’une dizaine d’exercices de ce type en France », explique Joël Dubreuil, sous-préfet. Les services se sont servis des piercings, des tatouages, pour identifier les victimes allant même jusqu’à réaliser de faux tests ADN. « L’accueil des familles est un exercice à part entière, l’organisation est essentielle et cet exercice a mis en évidence certains points à améliorer », explique la préfète.

Les services de la préfecture ont également été mis à profit, puisqu’une cellule de crise a été ouverte notamment avec la communication qui a réalisé de faux communiqués, assuré un suivi des réseaux sociaux: « On a besoin de ces entraînements », concédait la responsable de la communication de la préfecture. Si l’exercice n’a pas mis en avant de problèmes logistiques majeurs, d’autres retours d’expériences sont attendus dans les prochains mois.

Après une journée éprouvante, les participants se sont séparés, en espérant que, s’ils doivent se retrouver, ce sera juste pour un nouvel exercice, et non pour une situation réelle

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.