Samia Jaber dénonce la politique éducative de la municipalité de Belfort. Samia Jaber dénonce la politique éducative de la municipalité de Belfort. (My Aire Urbaine - Simon Vermot Desroches)

Belfort: Samia Jaber tire à boulet rouge sur la politique éducative de la Ville

À la suite de la publication d’un rapport de la Cour des comptes qui s’attarde sur la politique éducative de la Ville, Samia Jaber dénonce cette politique, qui « n’est pas une priorité » et « un gaspillage d’argent public ».

Samia Jaber, élue d’opposition à la municipalité de Belfort et au conseil départemental, a décidé de faire une rentrée politique bruyante. En s’appuyant sur le rapport de la cour des comptes qui sera présenté ce soir, jeudi 27 septembre, au conseil municipal, elle pointe du doigt « la politique éducative de la Ville, qui n’est pas une priorité du mandat de M. Meslot ». Première cible de l’ancienne adjointe de Belfort : les Francas. Association historique de Belfort, les Francas s’occupaient de l’accueil périscolaire. En 2014, la nouvelle majorité décide de municipaliser ses activités. « Pour faire des économies nous avait soutenu Damien Meslot ! C’était un mensonge », constate Samia Jaber dans le dossier de la cour des comptes : en 2014, les dépenses pour le périscolaire de la Ville de Belfort s’élevaient à 960 000 euros, en 2015 elles passent à 1,6 million d’euros.

Les Francas gagnants face à la justice

Tout cela dans un cadre de dotations importantes de la CAF au titre des accueils sans hébergement passé de 97 000 à 283 000 euros entre 2013 et 2016. « En ayant plus de subventions et en payant plus cher, M. Meslot arrive à faire moins bien », s’indigne Samia Jaber ! Si l’élue d’opposition y voit « une perte de 3,6 millions du contribuable sur un mandat », la cour des comptes, elle, assure que « la politique scolaire et périscolaire n’a pas eu d’impact négatif sur la situation financière de la collectivité ». Damien Meslot se défend dans ce même rapport, expliquant les difficultés relatives aux changements des rythmes scolaires à répétition. De même, si l’élue a pointé du doigt une baisse du nombre d’activités possibles, la Cour des comptes met en avant le retour d’une population importante dans les groupes périscolaires belfortains. Si, entre 2014 et 2015, la fréquentation a baissé (- 11 %) à cause d’une « offre moins attractive », la fréquentation est repartie à la hausse en 2015-2016, grâce à une offre « renouvelée et étoffée ». Samia Jaber constatera tout de même « un scandale financier et humain » lors de la municipalisation des Francas. Pour rappel, plusieurs employés des Francas sont en attente d'une décision de justice. La Cour de cassation a dernièrement cassé la décision du tribunal d’appel qui avait statué en faveur de la Ville. De fait, elle devra verser des indemnités, dont le montant n’est pas connu, à plusieurs de ces anciens salariés des Francas.

Rucklin, l’école qui attend toujours sa mise à neuf

Et si le périscolaire ne suffisait pas, Samia Jaber appuie ensuite sur une vieille rengaine : l’école Rucklin. Dans un état de délabrement avancé, cette école maternelle devait être réaménagée en 2015. Mais le projet est repoussé d’année en année, et de budget en budget. « Nous avions un grand projet de rénovation des écoles, il a pris fin et le maire ne l’assume pas », assure l’élue d’opposition reprenant au passage le fameux : « C'était mieux avant. »
À nouveau, la Cour des comptes lui sert d’appui : l’investissement en matière scolaire a représenté 4,6 millions en 2013, 4,4 en 2014 et de 0,6 et 0,4 en 2015 et 2016. « L’éducation est un dossier emblématique du bilan de M. Meslot. Le capitaine navigue à vue et découvre au fur et à mesure les dossiers », s’inquiète Samia Jaber. Le conseil municipal de ce jeudi 27 septembre promet d’être animé.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.