Damien Meslot: « On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres ! » (My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Damien Meslot: « On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres ! »

Le rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville de Belfort de 2011 à 2016 a agité les débats du dernier conseil municipal. Des chiffres, des chiffres et des chiffres...

« On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres ! » Attaqué par son opposante politique Samia Jaber, Damien Meslot a répondu aux invectives concernant le rapport de la chambre régionale des comptes lors du conseil municipal de ce jeudi 27 septembre. Si le débat se résume à quelle majorité s’occupait le mieux du budget belfortain, chacun est persuadé que son équipe avait été ou est la plus efficace, à coup de chiffres et de factures. Alors, qui a fait dire quoi aux chiffres de la chambre régionale des comptes ?

Moins d’investissements pour les écoles ?

Samia Jaber avait dénoncé l’investissement en matière scolaire, qui a représenté 4,6 millions en 2013, 4,4 en 2014 et de 0,6 et 0,4 en 2015 et 2016. « Forcément, nous investissons moins que lorsque vous aviez un plan pour rénover trois groupes scolaires ! », se défend le maire. Lui met en avant le fonctionnement, et non l’investissement, en 2016 à 9,3 % du budget total et en 2013 à 8,79 %. « La Ville de Belfort consacre donc plus de moyens pour les petits Belfortains que la précédente équipe », sourit l’ancien député. Il a également insisté sur le dédoublement des classes de CP dans certaines zones: « Une excellente mesure » pour laquelle la municipalité s’est investie en faisant deux classes là où c’était nécessaire.

La fin des Francas a-t-elle coûté cher ?

Pour Samia Jaber, c’était 3,6 millions d’euros perdus pour avoir municipalisé l’activité périscolaire sur la totalité du mandat. Damien Meslot, lui, défend « une politique unifiée et cohérente, puisqu’en 2013, 5 centres étaient gérés par les Francas et 10 autres par la Ville ». Concernant les coûts, il impute cette hausse à une augmentation de la fréquentation de l’ordre de 50 %. Résultat pour le maire de Belfort, le prix de l’heure d’accueil a diminué de 6,4 % entre 2013 et 2016, passant de 2,65 euros à 2,48 euros par heure. Cependant, les deux dates ne sont pas significatives, puisqu’en 2014, le prix de l’heure était de 1,77 euro et en 2015 de 3,30 euros. Résultat : on ne sait toujours pas qui investit le plus dans le périscolaire, mais la suppression des Francas aura fait faire les montagnes russes à cet indicateur.

La gestion est-elle bonne ?

71 millions d’euros de dette, c’est « beaucoup trop », pour Samia Jaber. Damien Meslot la rejoint sur ce point, « nous étions à 52 millions en 2011, vous l’avez fait grimper à 71 millions. Aujourd’hui, nous l’avons stabilisé », assène-t-il à son opposante. « Le rythme normal d’un mandat », explique Samia Jaber : « On fait des économies au début et on réalise les investissements à la fin. Là vous n’avez pas fait d’économies et la fin de mandat s’annonce compliquée. » La diminution de la dotation de l’Etat, une perte de 10 millions d’euros sur le mandat, est invoquée par la majorité pour expliquer cette stagnation de la dette. En face, on rappelle que les autres dotations, notamment de solidarité urbaine, ont augmenté et compensé cette baisse de dotation.

On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres, faites votre choix !

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.