Les associations belfortaines alertent la Région sur leur fragilité (Joshdick75, CC0 Creative Commons)

Les associations belfortaines alertent la Région sur leur fragilité

Venus vanter leur bilan auprès des associations du Territoire de Belfort, les élus régionaux ont pu se confronter aux difficultés quotidiennes des petites associations du département. L’exemple des associations sportives est représentatif des difficultés du monde associatif.

C’est fort de leur bilan que les élus régionaux du nord Franche-Comté ont choisi de venir à la rencontre du monde associatif local. Des millions pour la culture, pour le sport, pour l’insertion… les chiffres sont impressionnants, mais à l’échelon local, la Région semble bien loin. « On tente de combler les trous des collectivités qui ont perdu des dotations et qui ont moins de moyens pour financer les associations locales », assure Maude Clavequin, vice-présidente de la Région. Pourtant, tous les trous ne peuvent être comblés et toutes les réalisations ne peuvent être accompagnées. Premier frein pour ces associations, les cases qu’il faut remplir pour obtenir une subvention. « Nous sommes de petits groupements qui n’ont pas une vocation régionale. Donc, nous ne rentrons pas dans les tableaux de la Région pour avoir accès aux subventions », assure un représentant d’une association sportive du Territoire de Belfort. La solution pour ce dernier, mettre en place une véritable redistribution avec les ligues régionales : «  Vous donner de l’argent aux ligues, qui récupèrent toutes les licences. Dans le sport, nous ne survivons que grâce au bénévolat et grâce aux manifestations. Vous devez donner aux ligues tout en leur demandant de nous laisser des fonds de fonctionnement. »

Le monde du sport toujours plus touché

« On fait du lien social, on s’occupe des enfants, et on ne survit pas, explique ce même responsable d’un club de handball du département. La France est championne du monde, le hand vient à Montbéliard et nous nous n’avons rien du tout. » Une problématique bien connue d’Éric Lançon, élu en charge du sport : « Certains sports fonctionnent mieux que d’autres. C'est notamment le cas de l’athlétisme, mais c’est vrai que nous avons un gros travail à ce niveau là. » Vieillissement des cadres des associations, peu d’implications de la jeunesse, de moins en moins de bénévoles, la vie est dure pour les associations sportives notamment les petits clubs communaux. Les solutions se trouvent souvent dans les regroupements, mais alors il faut des membres disponibles pour entraîner des groupes de jeunes souvent disponibles uniquement le mercredi après-midi. Un emploi du temps difficilement en accord avec une vie professionnelle, même avec toute la bonne volonté du monde. C’est pourquoi la Région finance depuis plusieurs années des emplois associatifs. Une subvention de 12 000 euros par an est ainsi accordée afin de permettre à ces clubs d’avoir une personne salariée. De même, ces clubs peuvent avoir accès à une subvention afin de financer un minibus pour faire leur déplacement, puisque là aussi, il se fait aux frais, soit des clubs soit des joueurs et entraîneurs.

Et si l’associatif était en danger ?

La France a l’un des tissus associatifs les plus importants d’Europe. 23 millions de personnes, âgées de plus de 14 ans, s’engagent dans l’une des 1,3 million d'associations françaises, que ce soit par un simple don ou du bénévolat. Un tissu très fort qui va donc de l’accès à la culture (danse, musique, chant…) à l’insertion professionnelle (aide à domicile, chantier d’insertion) en passant par l’aide à la personne, l’apprentissage ou l’animation. Si l’engagement public représente 54 % des financements associatifs, il ne profite qu’à 16 % des associations françaises. Avec son nouveau site internet, la Région a tenté de rendre plus transparent l’accès à ces subventions, un véritable labyrinthe qui perd de nombreux non-initiés. Malgré cette simplification, il y a toujours de quoi y passer quelques heures. « Sinon ce n’est pas drôle », ironise, en souriant, l’un des participants. Autre avancée, la mise en commun des demandes à tous les niveaux administratifs. Ainsi, plus besoin de faire 4 demandes pour chaque échelon, le fameux mille feuilles administratif. Arrivés forts de leur bilan, les élus ont pu constater que le monde des petites associations n’est pas au mieux de sa forme. « Les petites choses qui se font ici et là sont invisibles quand des géants qui s’autofinancent ont droit à des subventions tout aussi importantes ! » conclut un participant. Une réflexion a médité par les élus.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.