Le niveau de la Savoureuse est au plus bas à Belfort (ici, à hauteur du point Richelieu, vers les cinémas). Le niveau de la Savoureuse est au plus bas à Belfort (ici, à hauteur du point Richelieu, vers les cinémas). Copyright MyAireUrbaine - P.-Y.R.)

Sécheresse: une crise sans précédent et un appel aux bonnes volontés

La préfète du Territoire de Belfort a appelé tous les Terrifortains à prendre conscience de la gravité de la sécheresse qui touche le département. Un appel aux petits gestes qui permettront de tenir, peut-être, en attendant la pluie.

Une semaine ? Quinze jours ? Combien de temps l’eau continuera-t-elle de couler aux robinets des Terrifortains ? Les échéances présentées par la préfète sont inquiétantes et témoignent d’une gravité sans précédent. Passée au stade de crise le 30 août dernier, la situation va de mal en pis. Et pour cause: il n’est tombé que 135,9 mm d’eau depuis mi-juin. « Cela n’a jamais été observé depuis l’arrivée des relevés en 1885 ! En moyenne, sur cette période, il tombe 385 mm d’eau de pluie », alerte la préfète du Territoire de Belfort, Sophie Elizeon.
Ce 19 octobre, cette dernière a surtout insisté sur l’importance des petits gestes pour éviter le pire. « Si chacun économise 10 litres d’eau par jour, l’équivalent de deux chasses d’eau, alors on sauvegarde 11 % de la consommation journalière. » De quoi tenir un peu plus longtemps dans l’attente de la pluie. Car depuis le début de cette crise, la consommation d’eau n’a pas diminué: « lLe Terrifortains n’ont pas pris la mesure des enjeux », s’inquiète la préfète.

Les services découvrent une situation de crise inédite

Sans vouloir effrayer la population, la représentante de l’État a tout de même rappelé que des « perturbations en matière d’alimentation en eau potable sont à craindre ». Du coté des services d’exploitation, on découvre ces nouvelles problématiques et on cherche des solutions : diminuer le débit, voire mettre en place des coupures selon les jours ou les horaires. Mais cela reste un vrai casse-tête. En cas de diminution de débit, la qualité de l’eau serait moins bonne. Les tuyauteries sont réalisées pour fonctionner à une pression donnée. En la réduisant, l’eau pourrait se comporter différemment au niveau chimique.
Pour réaliser des coupures, le constat est plus ou moins le même: couper puis redémarrer s’avère techniquement très compliqué. « Aujourd’hui les exploitants ont un patrimoine qu’ils doivent gérer et ils découvrent, comme nous, toutes les problématiques à une échelle encore jamais vue », explique le chef du service d’eau de la préfecture. Des solutions, ici et là, sont présentées pour tenir quelques jours de plus, comme l’utilisation de la gravière dans le Doubs, relâcher de l’eau de barrages… Déjà les craintes se font pour l’été prochain, puisque chaque litre consommé fera défaut avec des étés qui ne devraient pas être moins chauds.

Pour combler le manque, il faudrait plusieurs jours de pluie ininterrompue, mais elle se fait attendre... Jamais un Terrifortain n’aurait pensé être un jour impatient de voir la pluie tomber!

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.