Laure Viellard, directrice de l'Esta Belfort. Laure Viellard, directrice de l'Esta Belfort. (Copyright MyAireUrbaine - P.-Y.R.)

L'Esta se recentre sur Belfort tout en se diversifiant

L'Ecole supérieure des techniques et des affaires (Esta) de Belfort a annoncé son retrait de Lyon et quelques nouveautés. Le point avec Laure Viellard, directrice de l'école de commerce belfortaine.

MyAireUrbaine – La soirée de remise des diplômes de l'Esta s'est déroulée ce vendredi 27 octobre. Combien d'étudiants ont-ils été diplômés et avec quel taux de placement ?

Laure Viellard – 58 étudiants ont été diplômés cette année. C'est une des plus grosses promitions de l'Esta. Parmi eux, il y a 23 filles. 33 diplômés sont issus du parcours bac ; 25 du parcours bac+2, dont 10 de la filière bio-chimie ouverte il y a trois ans. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons voulu une marraine de ce secteur : Claire Amoros, directrice des laboratoires Boiron de Belfort. Environ 90 % de nos étudiants ont un emploi dès la sortie de la formation. Certains créent aussi leur entreprise, deux sont en master spécialisé et quelques étudiants sont encore en entreprise dans le cadre de leur contrat d'apprentissage. Le diplôme décerné est celui de Manager ingénieur d'affaires industriel, qui bénéficie désormais du label de l’Éducation nationale « Visa bac + 5 ».

MAU – Le conseil d'administration vient d'entériner le retrait de Lyon. Quelles sont les conséquences pour les étudiants qui ont commencé ce cursus, notamment pour l'obtention du diplôme ?

LV – Il était compliqué d'avoir deux sites sans le même niveau de reconnaissance. Il faut savoir que la reconnaissance d'un diplôme est liée à un site, qu'il faut un parcours de plus de trois ans pour faire valider un diplôme. Lyon s'est rapproché du réseau CCI France qui dispose d'un agrément pour son réseau pour un diplôme d'ingénieur d'affaires en apprentissage, Sup de ventes. Toutefois 5 étudiants de Lyon sont venus ici, à Belfort, pour bénéficier du diplôme de l'Esta (sur une promotion de 13).

MAU – Le rapprochement avec l'université est-il le signe annonciateur d'évolutions futures vers encore plus de liens ?

LV – Ce n'est pas purement un rapprochement avec l'Université. J'ai essayé de comprendre pourquoi l'Esta ne faisait pas partie de la Comue. A l'époque de sa constitution, la Comue a été composée autour de membres fondateurs ou associés ; des membres partenaires comme l'Esta n'étaient pas possibles. Nous ouvrons la porte à d'autres écoles ; nous avons été beaucoup aidés par l'UTBM et par l'Ensem. On arrive à un accord de partenariat presque écrit, une convention cadre. Elle repose sur trois axes. La recherche, afin de proposer aux enseignants-chercheurs d'intégrer des labos de recherche. La pédagogie, avec par exemple notre partenariat avec l'UTBM pour le double cursus et la réflexion sur un master. Nous pourrons aussi apporter nos propres compétences à d'autres écoles. Et troisième axe : l'innovation, le transfert de compétences. Il y a des choses à faire dans le nord Franche-Comté en matière de déplacement des étudiants, de vie étudiante.

MAU – Outre les inscriptions des étudiants, quelles sont aujourd'hui les ressources de l'Esta. Sont-elles assurées pour l'avenir ?

LV – 50 % de notre budget proviennent des inscriptions des étudiants. Pour la taxe d'apprentissage, il y a beaucoup d'incertitudes au-delà de 2018-2019 avec la mise en œuvre des réformes Macron sur la formation et l'apprentissage. Cela représente 20 % de notre budget. Pour les subventions, nous sommes très aidés par le Département, qui est demandeur de nouveaux programmes et de nouvelles filières. La Ville est très sensible, quant à elle, à la présence de nos 300 étudiants.
La CCI de Belfort, dans le contexte des baisses de subventions aux CCI, retire son financement. Nous sommes en train de voire si la CCI régionale peut compenser. Cela représente 10 % du budget de l'école. Le reste de nos ressources repose sur le mécénat, des projet que l'on essaye de vendre aux entreprises, des projets applicatifs. C'est pour cela que nous venons d'ouvrir nos statuts aux industriels, avec la création d'un collège de nouveaux membres partenaires, avec cinq sièges avec droit de vote au conseil d'administration.

MAU – Vous avez annoncé la création d'une filière digitale. Quelles sont vos ambitions dans ce domaine ?

LV – C'est à l'image de ce que nous avons fait avec la chimie et la biotech. Nous cherchons à atteindre un autre public. Des diplômés en DUT, BTS informatique, réseau qui veulent réfléchir au développement des besoins dans le digital, l'informatique, la transformation digitale. En amont, nous avons fait une enquête auprès d'anciens élèves qui sont maintenant chez Orange, OVH, Fujitsu. Il y a une vraie appétence. Ils suivront les mêmes cours business et des cours différents sur la partie technique, par exemple sur l'internet de l'objet, le e-marketing. La section ouvrira en 2019, avec une promo de dix étudiants nouveaux.

MAU – Autre annonce : le lancement d'une offre pour les entreprises.

LV – Là aussi, c'est un projet récurrent. Avec nos formateurs, nos enseignants-chercheurs, nous avons les compétences, la matière, notamment en référencement web. On a l'homme, le programme, l'envie ; on a un vrai truc à vendre. Nous allons construire petit à petit une offre de plus en plus riche, avec d'autres domaines de compétence. Nous avons déjà dispensé une formation la semaine dernière et nous sommes en cours de prospection pour quatre dates.

 

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.