Une aquarelle pour le film Là où poussent les coquelicots. Une aquarelle pour le film Là où poussent les coquelicots. (Aquarelle Maël)

Les As de 14-18 mis à l'honneur du mois du film documentaire dans le Territoire

Le mois du film documentaire dans le Territoire de Belfort met en avant cette année les sciences et la Première Guerre mondiale. Pour lancer l’événement, un film traitant de l’aviation lors du premier conflit mondial a été projeté ce mardi 6 novembre à Grandvillars.

Du 5 au 23 novembre se déroule le mois du film documentaire dans toute la France. L’édition 2018 du département du Territoire de Belfort, la 19e, a choisi de rendre hommage à la Première Guerre mondiale ainsi qu’aux sciences. Un mélange particulièrement visible dans le documentaire, projeté le mardi 6 novembre à la salle de spectacle de Grandvillars: "Aviation, l’héritage de 14-18". En un peu plus d’une heure, ce film revient à l’aide d’archives et de témoignage d’historiens et de pilotes de chasse, sur l’illustre histoire des As de la Grande Guerre. Un travail réalisé par un duo, Nicolas Jallot, passionné d’histoire et Jean-Baptiste Lucchini, ancien militaire de l’armée de l’air.

Du scepticisme ambiant autour de l’utilité de l’aviation au début des combats jusqu’aux nombreuses avancées technologiques qui ont permis tour à tour à la France, puis à l’Allemagne, de dominer les airs, le documentaire s’attache surtout aux hommes. « Les technologies ont évolué, mais les hommes sont restés les mêmes », assure Nicolas Jallot. Loin des documentaires habituels autour de la Première Guerre mondiale; « On voulait sortir de l’image de la tranchée et on s’est retrouvé avec des images de l’établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense dans lesquels on s’est rendu compte que les aviateurs ne faisaient pas beaucoup la gueule ! », sourit le réalisateur.

Une histoire locale, de Luxeuil à Petit-Croix

C’est à travers les histoires de Roland Garros, René Fonck ou encore George Guynemer, que le réalisateur s’attache à dépeindre des passionnés d’aviation avant d’en faire des combattants. Un parti pris, qui permet de faire un parallèle avec les pilotes actuels de l’escadron des cigognes, aujourd’hui basé près de Luxeuil, en Haute-Saône. On y découvre l’importance de ces pionniers pour l’actuelle armée de l’air française, que ce soit dans les méthodes, mais aussi dans les habitudes et coutumes. « Aujourd’hui vous prenez l’avion, vous entrez par la gauche de l’appareil. C’est un vestige de cette période qui vient du côté par lesquels les cavaliers montaient à cheval. Cet héritage est partout et j’ai trouvé cela fascinant », confie Nicolas Jallet.
Véritables chevaliers des airs à l’époque, donc. Une particularité sur laquelle insiste le documentaire : alors que le carnage était de rigueur au sol, c’était un homme contre un autre dans les airs. Une chevalerie qui se retrouve dans une anecdote restée célèbre dans le Territoire de Belfort. Après la mort au combat d’Adolphe Pégoud, à Petit-Croix (90), aviateur resté célèbre pour avoir été le premier à réaliser des acrobaties, les aviateurs allemands avaient lancé une couronne de laurier sur les lieux du combat, portant l'inscription « À Pégoud, mort en héros pour sa patrie ».

Le programme complet du mois du film documentaire.

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.