32 permis de conduire ont été suspendus en 2016 dans le Territoire en raison d'excès de vitesse (+3%), 145 en raison de consommation de drogue et 256 (+17%) pour vitesse excessive (-14%) 32 permis de conduire ont été suspendus en 2016 dans le Territoire en raison d'excès de vitesse (+3%), 145 en raison de consommation de drogue et 256 (+17%) pour vitesse excessive (-14%) (© MyAireUrbaine - Pierre-Yves Ratti)

Territoire de Belfort: la nature de la délinquance reflète l'évolution de la société

 

 

Banalisation de la consommation de drogue, agressions sexuelles qui trahissent le mépris des femmes, hausse des arnaques sur internet, surveillance des risques de radicalisation: la nature des délits évolue, tout comme la société.

Le préfet du Territoire de Belfort a présenté ce mardi matin à la préfecture les chiffres de la délinquance 2016 dans le département. Voici quatre domaines de délinquance à retenir parmi les nombreux chiffres communiqués.

La consommation de stupéfiants se banalise

Le préfet du Territoire de Belfort, Hugues Besancenot, et Ariane Combarelle, procureure, s'en sont inquiétés lors de la présentation des chiffres de la délinquance: la consommation de stupéfiants se banalise, parfois en remplacement de l'alcool dont le dépistage a fait reculer la consommation. Et cette banalisation semble accompagner d'une baisse de l'âge des consommateurs.

Le nombre de faits constatés est en hausse de plus de 34% par rapport à 2015 (497 constats en 2016 contre 370 en 2015). Une hausse qui est due aussi à la volonté de la procureure du Territoire de Belfort de s'attaquer, par la prévention comme la répression, à la conduite sous l'emprise de stupéfiants. Elle souligne que cela relève d'une double violation de la loi : d'une part l'usage de stupéfiants, d'autre part la conduite sous l'emprise de la drogue.

Si la détection de la consommation de stupéfiants par un automobiliste est plus complexe et plus coûteuse (elle nécessite un kit spécifique), elle peut intervenir plus tardivement après la consommation : les stupéfiants peuvent être détectés jusqu'à trois jours après. Autant dire que celui qui croit que le « petit joint du samedi soir » passera inaperçu lors d'un contrôle le lundi risque une forte déconvenue...

Le contrevenant risque une suspension de permis, une condamnation qui sera inscrite au casier judiciaire, voire une peine de prison.

De plus en plus de violences sexuelles

Autre hausse des faits constatés : les violences sexuelles, qui passent de 71 à 96 (+35,2%). Avec un corollaire : une forte hausse des faits élucidés (50 en 2015, contre 73 en 2016, soit une hausse de 46%). Un taux d'élucidation malheureusement liée à ce type de délit : dans la plupart des cas, l'agresseur fait partie de l'environnement, parfois proche, de la victime.

La procureure déplore là aussi une baisse de l'âge des agresseurs, associée à une tendance à la réification de la femme. Autrement doit, les agresseurs pensent que leur comportement est normal...

Cette hausse des faits constatés est aussi la conséquence des efforts entrepris pour que les faits soient révélés, et le préfet a salué l'action de la délégation départementale au droit des femmes.

 

De plus en plus d'arnaques sur internet

Elles sont cachées sous l'intitulé « escroqueries et infractions économiques et financières » : il s'agit en grande partie d'arnaques sur internet 629 cas ont été constatés en 2016 dans le département, contre 591 en 2015, soit une hausse de 8,16% (à titre de comparaison, police et gendarmerie ont constaté 689 cambriolages en 2016).

Par exemple, la victime reçoit un mail d'appel au secours d'un ami, en difficulté dans un pays étranger, et qui demande l'envoi d'argent pour s'en sortir. Ou alors la non réception de colis pour des produits commandés sur internet.

Dans le premier cas, la procureure et le préfet invitent à ne pas faire preuve de crédulité. D'autant que ces escroqueries se déroulent à distance, depuis des pays tiers et sont très difficiles à élucider : seulement 37,8% des faits constatés l'on été en 2016.

La radicalisation sous surveillance

46 cas de risques de radicalisation ont été signalés en 2016 dans le Territoire de Belfort. Autrement dit, des « inquiétudes signalées », qui provoquent une enquête des services de renseignement. Tous ces signalement ne sont pas suivi d'une judiciarisation: l'enquête peut arriver à la conclusion qu'il ne s'agit pas d'un cas de radicalisation.

Toutefois, huit perquisition administratives ont été effectuées l'an dernier, avec une saisie de matériel informatique. Une personne a été assignée à résidence.

L'état d'urgence provoque par ailleurs une plus forte mobilisation des forces de l'ordre sur le terrain : 110 patrouilles par semaine pour la police,coontrôles de gendarmerie sur les axes routiers, notamment l'A36, présence de 30 militaires, par exemple à la gare TGV.

Bientôt des radars – leurre au bord des routes du Territoire

116 accidents corporels ont été comptabilisés en 2016 sur les routes du Territoire, soit une baisse de presque 35% (178 accidents en 2015). On déplore toutefois quatre accidents mortels (six en 2015). Trois de ces quatre décès ont frappé des conducteurs de deux-roues.

Le préfet du Territoire lie cette baisse aux contrôles plus nombreux. Il entend poursuivre sur cette voie et veut développer l'installation de radars – leurre et espère d'obtenir l'autorisation de Paris d'installer des « radars - tronçons » (ils mesurent la vitesse d'un automobiliste sur une portion d'autoroute et déjoue ainsi le coup de frein avant le radar, suivi par une accélération pour re-dépasser la limitation). Il espère aussi l'arrivée de radars nouvelle génération, qui détectent l'usage du téléphone au volant, l'absence du port de la ceinture de sécurité. Selon le préfet, aujourd'hui, les radars constatent 80 % des infractions.

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.