L'écopôle du Sertrid est installé à Bourogne. L'écopôle du Sertrid est installé à Bourogne. ©myaireurbaine.info - Thibault Quartier

Belfort : on s'écharpe au Grand Belfort pour devenir roi des poubelles !

Bastien Faudot a déjà été évincé de la présidence du syndicat de traitement des déchets seulement, après une nouvelle élection des représentants du conseil d'agglomération du Grand Belfort.

L’affaire du Sertrid a offert un triste spectacle lors du dernier conseil d’agglomération du Grand Belfort, le jeudi 13 avril. Entre les menaces et les accusations, le divorce entre la majorité de Damien Meslot et l’opposition représentée dans ce débat par Bastien Faudot semble avoir pris un nouveau tournant.

 

Qu’est-ce que le Sertrid ?

 

Le syndicat d’études et de réalisations pour le traitement intercommunal des déchets (Sertrid) « a pour objet le traitement, ainsi que l’ensemble des prestations qui y sont associées, des déchets ménagers et des déchets assimilés qui peuvent être triés et/ou traités », selon le rapport d’activité de 2015. Le Sertrid regroupe 127 communes, dont l’ensemble du Territoire de Belfort et certaines communes du Haut-Rhin et de Haute-Saône. Le Sertrid dispose notamment d’une usine d’incinération installée à Bourogne, d’une capacité de 85 000 tonnes de déchets par an. Cette structure n’assure toutefois pas la mission de collecte des déchets. Le 28 mars, en raison du transfert de compétences par la loi NOTRe, le Sertrid a élu un nouveau président : Bastien Faudot, élu d’opposition (MRC) à la mairie de Belfort, au Département et au Grand Belfort. Huit représentants du Grand Belfort viennent le rejoindre au comité d’administration. Cependant, la suite ne se passe pas très bien. D'abord, le préfet met son veto à cette élection, car le Grand Belfort dans son nouveau périmètre, n’était pas adhérent du Sertrid. Et pour couronner le tout, 6 titulaires et 4 suppléants démissionnent dans les jours qui suivent.

 

Le conseil d’agglomération s’échauffe

 

Lorsque Damien Meslot demande un vote pour « pallier l’absence de représentation après de nombreuses démissions au Sertrid », ce sont les deux élus d’opposition Bastien Faudot et Sélim Guemazi (ancien président du Sertrid) qui lancent la charge. « Cela ne poursuit qu’un seul but : évincer Bastien Faudot de la liste des délégués du Sertrid pour y installer un nouveau président », lance l'opposition. « Vous êtes prêt à sacrifier une collectivité au mépris du résultat d’un vote démocratique », commente Sélim Guemazi. Bastien Faudot, lui, va plus loin, qualifiant Damien Meslot de « roi » et lançant : « Nous avons la même légitimité, mais nous ne sommes pas égaux. » Il accuse également le maire de Belfort d’avoir demandé aux élus de démissionner du Sertrid. Il ajoute : « en faisant payer les communes adhérentes du Sertrid non au tonnage, mais à l’habitant, et en récupérant les recettes du tri cela augmentera la facture au nord et au sud de 30 à 50 % selon l’endroit où vous mettez le curseur. » Une augmentation qui selon lui « permettra de tenir une promesse, celle de ne pas augmenter les impôts locaux à Belfort ». Et de conclure : « Votre solution c’est le bunker, le repli, faire payer les autres. »

 

« Monsieur Faudot veut faire moins payer les habitants des autres communautés de communes et plus les habitants du Grand Belfort. Je suis président du Grand Belfort et je défends ceux que je représente », a répondu Damien Meslot. Il met en avant le fait qu’aujourd’hui un habitant du Grand Belfort paie 45 euros tandis qu’un habitant d’une autre communauté de communes paie 35 euros. Chacun accuse l’autre de mensonge. Le débat finit par quelques insultes et le vote a lieu malgré une dernière tentative de rejet du vote puisque l’opposition le considère comme illégal, car en liste plutôt qu’uninominal. La liste de Damien Meslot a obtenu la majorité avec 72 voix sur 87 bulletins exprimés. Bastien Faudot président du Sertrid, ça n’aura finalement pas duré longtemps.  

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.