Arthur Courty, 24 ans, jeune militant socialiste qui imagine autre chose pour la gauche dans le Territoire de Belfort. Arthur Courty, 24 ans, jeune militant socialiste qui imagine autre chose pour la gauche dans le Territoire de Belfort. DR

Législatives: Arthur Courty appelle à refonder le socle idéologique de la gauche belfortaine

Arthur Courty, militant socialiste, était originellement le candidat socialiste dans la 1ère circonscription du Territoire de Belfort. Il a finalement perdu son investiture, au profit du MRC. Soutien d'Arnaud Montebourg lors des primaires de la gauche, le Belfortain de 24 ans livre son analyse politique sur les échéances locales et nationales futures. Dont les législatives. Il appelle à une refonte de la gauche, particulièrement dans le Territoire de Belfort. Et dénonce les politiques de calculs.

« C'était le choix du bureau national », rappelle Arthur Courty, l'ancien candidat socialiste de la 1ère circonscription, avant de céder sa place – sur l'autel de la stratégie nationale du Parti socialiste (PS) – au Mouvement républicain et socialiste (MRC). « Dont acte », acquiesce le jeune homme même s'il regrette le fait que cette décision ne prenne pas en compte les réalités locales et que les militants n'aient pas eu leur mot à dire. Mais d'ajouter : « Mon destin individuel est secondaire par rapport au destin collectif de la gauche dans la 1ère circonscription et à la nécessité de battre le Front national (FN) qui est en tête. » Pour les législatives, il soutiendra Maud Clavequin, évidemment, dans la 2nde circonscription et sûrement Bastien Faudot dans la 1ère circonscription. « Je ferai la campagne de celui qui représente au mieux mes valeurs »glisse-t-il dans un euphémisme, tout en insistant que la problématique n°1 de la 1ère circonscription reste de faire barrage au FN.

« Ce que je reproche vraiment, c'est cette politique de la négociation »

Cela ne l'empêche toutefois pas de questionner cette candidature du MRC, qui a négocié la circonscription alors qu'il ne pèse rien à l'échelle nationale. De là à dire que Bastien Faudot a tenté de se présenter à l'élection présidentielle juste pour peser ensuite dans les négociations, il n'y a qu'un pas... « Ce que je reproche vraiment, c'est cette politique de la négociation », dénonce Arthur Courty, qui regrette la logique de clan, héritée des années Chevènement. « Tout le monde y perd. »

Arthur Courty est convaincu que ce modèle politique est voué à l'échec : « Pour l'avenir, il faut reconstruire une gauche sur une base saine et des idéesdéfend-t-il. Nous nous devons de nous poser ces questions : comment fait-on de la politique ? Pourquoi fait-on de la politique ? »  Ces reproches, il les applique particulièrement au Territoire de Belfort où « la gauche a de mauvaises pratiques »Il invite déjà (pourquoi pas pour les législatives) à construire un socle commun. « Avant de savoir qui va briguer un poste, pensons quelle politique de gauche nous souhaitons mener dans le Territoire de Belfort. » Cette reconstruction locale sera la même à l'échelle nationaleEst-ce que cela se fera autour du Parti socialiste, un parti qui pèse 5,85 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle ? La question se pose. Et le jeune militant, qui termine cette année ses études à Sciences Po, se la pose aussi. « Mais ce débat sur la structure du PS est secondaire, insiste Arthur Courty. La gauche doit savoir comment exister entre un discours construit sur la peur et un discours qui se veut très réaliste.»

« Il est temps de s'unir »

Arthur Courty veut s'implanter à Belfort politiquement. Tout en précisant qu'il fait de la politique pour les personnes qui sont dans le besoin. Celles exposées au chômage, aux délocalisations, aux problèmes de reconversion qui suivent les fermetures... Et le Territoire de Belfort concentre une partie de ces problématiques qui traversent la société française. Si la gauche doit se reconstruire dans le Territoire de Belfort, elle doit surtout réussir à nouveau à capter l'électorat de gauche. Le résultat de Jean-Luc Mélenchon à Belfort à l'occasion du premier tour montre qu'il existe une sociologie électorale favorable à la gauche en zone urbaine. Il faudra juste l'attraper au vol. « Il est temps de s'unir », clame celui qui se réclame de la synthèse et non de la radicalité. Et de conclure : « Nous devons toucher le plus de gens possible. »

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.