Le vote étant uninominal, les urnes ont été présentées aux élus pour chacun des candidats. Le vote étant uninominal, les urnes ont été présentées aux élus pour chacun des candidats. (© My Aire urbaine - P.-Y.R.)

Belfort: la guerre de tranchées pour les poubelles se poursuit

Après les décisions du tribunal d'annuler la désignation des représentants du Grand Belfort au Sertrid, le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères, il fallait procéder à de nouvelles élections. Les élus du Grand Belfort ont voté ce soir, jeudi 22 juin. Bastien Faudot a d'ores et déjà annoncé qu'il présentera un nouveau recours.

La tribunal de Besançon a annulé la désignation des représentants du Grand Belfort au Sertrid et a demandé de voter au scrutin uninominal. Il a également annulé l'élection du président du Sertrid, Bastien Faudot.

Ce point figurait à l'ordre du jour du conseil communautaire du Grand Belfort, réuni ce jeudi soir, 22 juin 2017 : « Compte tenu de la démission de sept représentants du Grand Belfort au Sertrid, M. le président expose qu’il convient de désigner l’ensemble des membres titulaires et suppléants du Grand Belfort pour siéger au sein du Syndicat Mixte d’Etudes et de Réalisation pour le Traitement Intercommunal des Déchets (SERTRID) , » indique le rapport présenté par Damien Meslot aux élus.

Bastien Faudot et Samia Jaber, élus belfortains d'opposition, ont dénoncé l'irrégularité de cette procédure.

Vers un nouveau recours

« Nous avons mieux à faire que de prolonger cette querelle qui est née de votre volonté de pouvoir absolu, » a débuté Bastien Faudot, tout en avertissant que « le modèle économique du Sertrid est en danger ».
« Le Sertid n'est pas la victime de Jean-Pierre Chevènement, Bichet Géhant et Selim Guemazi », a-t-il poursuivi en faisant référence aux trois premiers présidents de la structure. Il a en revanche dénoncé l'Etat et les banques.
L’État, parce qu'il est passé d'une politique de volumes à une politique du tri. « Toutes les usines conçues fin des années 90 ont subi cette modification des politiques de l'Etat, »  a-t-il indiqué, tout en précisant qu'il s'agissait d'une « politique publique pleine de bon sens » quant au respect de l'environnement.

Les banques, parce qu'elles « ont entraîné les collectivités locales vers des emprunts toxiques. Nous avons été victimes d'un défaut de conseil de la part d'une banque publique ».

Il a ensuite indiqué que, pendant son bref passage, à la présidence du Sertrid, il a recherché « un accord avec le Pays de Montbéliard pour que l'usine d'incinération devienne l'usine de l'ensemble de l'Aire urbaine » et que le dossier était « en bonne voie ».

Il s'en est pris ensuite au scrutin de la soirée : « Pour remplacer des élus qui ne sont pas démissionnaires, vous devez motiver votre choix ».

Et de préciser: « Nous allons vous laisser opérer, et tuer ce qu'il reste de démocratie sous votre règne et je produirai un nouveau recours contre cette parodie de démocratie. Quel est le motif qui vous conduit à renouveler l'ensemble des délégués ? »

Damien Meslot, président du Grand Belfort a contre-attaqué sur la rapprochement avec le Pays de Montbéliard : « Cela fait des mois que l'ancienne équipe s'est rapprochée du Pays de Montbéliard ; vous vous arrogez les mérites de l'équipe précédente. »

« Demain, le Sertrid va se réunir en conseil syndical, a-t-il poursuivi. Nous allons nous réunir en urgence pour décider du budget, élire le président et le bureau, et fixer une barre qui va représenter entre 100 000 et 400 000 € de plus pour le Grand Belfort. »

Samia Jaber a porté à son tour le fer en dénonçant la « responsabilité vis-à-vis des autres communautés de commune : nord Territoire, vallée du Rahin et vallée de Masevaux. C'est un acte de résistance contre le transfert de charges vers les autres collectivités, avec l'aide de vos bras armés. (…) Vous avez de façon irresponsable provoqué la guerre avec nos voisins.»

Elle s'en est prise également au mode de désignation des représentants du Grand Belfort au Sertrid : « Notre analyse était la bonne, puisque le tribunal administratif l'a confirmé. Ce soir, c'est rebelote, puisque vous proposez de remplacer y compris ceux qui ne sont pas démissionnaires ». Elle a poursuivi en affirmant qu'il y avait, de la part de Damien Meslot, « faute détachable à sa fonction » et qu'il engageait sa responsabilité personnelle. « Vous allez à nouveau commettre une faute détachable. »
Samia Jaber a finalement annoncé que l'opposition ne participerait pas au vote.

Les élus de la soirée

Ont été élus titulaires

  • Damien Meslot
  • Jean-Claude Martin
  • Marie-Laure Friez
  • Tony Kneip
  • Jacques Bonin
    Marie-Line Cabrol
  • Olivier Deroy
  • Chantal Bueb
  • Miltiade Constantakatos

Suppléants

  • Thierry Patte
  • Yves Gaume
  • Pierre-Jérôme Collard
  • Jean-Marie Herzog
  • Michel Blanc
  • Stéphane Guyod
  • Chantal Heinhorn
  • Bernard Guillemet
  • Pierre Barlogis
Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.