Le projet L'Usine 5D mis en image par un cabinet d'architecture d'intérieur. Le projet L'Usine 5D mis en image par un cabinet d'architecture d'intérieur. (© Codes intérieurs)

Belfort: l'espace de coworking L’Usine passe à 5 dimensions Spécial

L’Usine, espace de co-working situé au Techn’hom à Belfort,  se lance dans un immense projet. En associant culture, atelier partagé, laboratoire et école à l’espace de travail en commun, l’équipe veut faire de l’Usine 5D le premier espace de ce type en France.

Après avoir changé de locaux une première fois il y a quelques années, Émilie (fondatrice de L’Usine) et Guillaume (actuel président) lancent un immense projet au cœur du Techn’hom de Belfort.

L’histoire commence en 2010, quand Émilie, entrepreneuse, travaille chez elle : « Je n’avais pas d’endroit pour travailler, et je me suis dit que je ne devais pas être la seule dans cette situation ! » Elle lance donc L’Usine, un espace de travail partagé où viennent des autoentrepreneurs, des télétravailleurs, des étudiants…C'est alors le second espace de co-working à ouvrir en en France. Le concept plait, et rapidement des idées lui viennent : « Des troupes de théâtre venaient faire des spectacles, on avait des expositions photos… j' ai toujours aimé cette partie culturelle de l’espace. En déménageant, on l’a perdue, mais on a tous souhaité le retrouver et c’est donc l’un des axes de notre nouveau projet » confie-t-elle. Car des axes, il y en a cinq, comme l’indique le nom du projet : " L’Usine 5D ".

Les cinq dimensions du nouveau projet

Sur un espace de près de 700 m², les animateurs de L'Usine ont voulu créer un véritable endroit de convivialité et de partage. D’abord en créant la Creative School, un espace de coaching individuel ou collectif, avec des formations et surtout un partage de connaissances entre professionnels. Ensuite, « nous avons voulu aussi mettre en avant le côté artisanat. Les gens travaillent sur ordinateur, on a pensé que ça pourrait être sympa d’avoir à côté un atelier avec des établis, des imprimantes 3D, des fraiseuses… Un véritable espace de conception, » explique Guillaume. L’atelier sera partagé, bien sûr, et permettra de s'adapter aux transformations des métiers de l’artisanat.

Quatrième dimension: le labo, un espace d’échanges, principalement, de loisirs peut-être aussi, où chacun pourra rencontrer et partager ses expériences. « Ce sera un espace d’idées et de débat, de projets créatifs » espère Guillaume. Enfin le showroom, où seront présentées des troupes locales de théâtre, des expositions photos, l'espace culturelle de L'Usine. « Promouvoir la création locale me semble très important, » souligne Émilie.

Un véritable lieu d'échange

« De ce que l’on sait, ce sera une première en France, d’avoir un espace comme celui-ci. Certains endroits ont plusieurs salles, mais les cinq toutes ensemble... » annoncent les deux acolytes avec fierté. Ce projet est le fruit de nombreuses discussions avec les co-workers eux-mêmes. « Contrairement à ce que l’on faisait au début, où c’était très instinctif, aujourd’hui tout cela est réfléchi ,» affirme Émilie, en évoquant le passé de L’Usine.

Née d’une association à but non lucratif, L’Usine restera sous ce statut. Ce projet est grandement porté par différentes collectivités publiques locales et coûtera près de 200 000 €. « On ne veut pas rester sous pavillon de collectivités sur la durée; c’est trop aléatoire. On espère s’autofinancer au bout de trois ans, » affirme Guillaume. Car les profits devraient augmenter. La salle actuelle ne pouvait accueillir que 25 personnes et l’équipe table sur 80 à 100 personnes dans le nouveau bâtiment.

L'humain avant tout

Forte de son expérience depuis 2010, l’association espère pouvoir à nouveau passer un pallier, tant sur le plan professionnel que personnel. « On vit en micro les enjeux de notre société. Que les gens partagent, soient à l’aise pour travailler et prennent du plaisir à venir ici, c'est tout ce que nous demandons ! » sourit Émilie. « Un lieu de réflexion, un lieu qui apporte aux gens, » surenchérit Guillaume. Des valeurs fortes qu’ils mettent en avant que ce soit dans les prix ou dans l’implication des personnes qui viennent profiter du lieu pour travailler: « On laisse les gens s’approprier le lieu! On a un baby-foot, c’est parce que les gens qui sont venus se sont cotisés pour en acheter un. Ce n’est pas compliqué comme fonctionnement ,» conclut Guillaume en souriant.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.