Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort dénonce les "efforts" demandés aux collectivités. Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort dénonce les "efforts" demandés aux collectivités. (Photo MyAireUrbaine - P.-Y.R.)

Territoire de Belfort: un tiers des 84 contrats aidés du Département menacés

Parmi les sujets de rentrée du président du conseil départemental du Territoire de Belfort, les 84 emplois aidés employés par le Département. Et plus globalement, la baisse des aides de l'État.

La droite n'a pas toujours été favorable aux contrats aidés en France, mais aujourd'hui, le président du conseil départemental du Territoire de Belfort s'inquiète de la décision du nouveau président et de son gouvernement de les remettre en cause. Lors de sa conférence de presse de rentrée, Florian Bouquet a déploré le coup de rabot annoncé. Il a souligné qu'ils sont financés à 85 % par l'État et à 15 % par le Département.
Ce dernier en emploie 84, auxquels s'ajoutent sept dans des organismes dépendant du Département : six à Territoire Habitat, un au service départemental d'incendie et de secours (Sdis 90).

Tous ne seront pas remis en cause, espère Florian Bouquet. Sur les 84 contrats aidés du Département, il espère que deux tiers seront sauvegardés ; de nouveaux critères devant être mis en place qui relèveront de l'appréciation des préfets. Le président (Les Républicains) souligne ainsi les vertus des emplois aidés : « Ils nous permettent de ré-acheminer pendant dix-huit mois des personnes vers l'emploi. On ne peut pas parler de période d'essai, mais de nombreuses personnes trouvent un emploi à l'issue de ces emplois aidés. » Florian Bouquet les trouve également « humainement utiles », car ils redonnent « une dignité par le travail » et sont « utiles à la société » en permettant à des associations de fonctionner.

« Un effort aux services »

Même reproche pour la baisse de 5 euros des APL. « Pour certaines familles, c'est énorme. Quand il reste 140 euros par mois après avoir payé les factures, 5 euros, c'est un repas. » Au passage, le président du conseil départemental dénonce que « les collectivités locales soient de nouveau sollicitées pour faire baisser le déficit de l'État ». En faisant un calcul au prorata, il évalue que le Territoire de Belfort devra faire un effort de 8,5 millions d'euros sur les 13 milliards demandés aux collectivités françaises : « C'est l'équivalent de quatre gymnases », déplore-t-il. « Les collectivités locales représentent 20 % du déficit global, mais elles doivent fournir 50 % de l'effort global. Et je ne vois pas d'effort spécifique de l’État. »

Il annonce cependant qu'il entend maintenir les investissements du Département à hauteur de 16 millions d'euros, sans augmenter la fiscalité en 2018, tout en poursuivant le désendettement. Telle est la feuille de route donnée aux chefs de service du conseil départemental pour 2018, alors que la période de préparation des budgets démarre. Le budget du Département est consacré pour l'essentiel par le revenu de solidarité active (RSA), l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), les prestations handicap et la masse salariale. Les trois premiers étant incompressibles, il va donc demander « un effort aux services ».

Bernard  Piexi

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.