Le préfet Hugues Besancenot et le nouveau directeur de cabinet Matthieu Blet (à droite). Le préfet Hugues Besancenot et le nouveau directeur de cabinet Matthieu Blet (à droite). (© My Aire Urbaine -Simon Vermot Desroches)

Belfort: le préfet annonce son départ et évoque les grands travaux de son successeur

Alstom, radicalisation, convoi exceptionnel, eau potable: le préfet Hugues Besancenot a fait un point sur les dossiers importants avant son départ vers le ministère de l’Intérieur le 9 octobre prochain.

Hugues Besancenot, préfet du Territoire de Belfort depuis quinze mois, a annoncé sa nomination comme directeur de l'immigration à la direction des étrangers en France du ministère de l'Intérieur. Habituellement, les préfets restent en poste dans les départements environ deux ans: « La vie de haut fonctionnaire est comme cela, elle est faite de mobilité, » a-t-il déclaré, quelque peu attristé par la nouvelle. Il a cependant mis en avant les différents projets auxquels son successeur devra s’atteler.

Dossier Alstom

Le préfet aura débuté par la menace de fermeture du site de Belfort et finit par la fusion du groupe français avec l’Allemand Siemens. La boucle est bouclée. De nombreuses demandes ont été faites (notamment une motion adoptée à l’unanimité en conseil municipal de Belfort) pour que le gouvernement reste actionnaire du groupe et puisse influer sur les décisions. « Je ferai remonter ces demandes, mais Bruno Le Maire et le gouvernement ne veulent plus être dans le futur groupe, » a insisté Hugues Besancenot. Il rappelle également les promesses de conserver les emplois pendant quatre ans, et la continuité de l’accord concernant le site de Belfort.

Dossier convoi exceptionnel

L’autre groupe à portée internationale de Belfort, General Electric, a également été abordé. Notamment les colis lourds (plus de 4330 tonnes pour la future turbine à sortir des chaînes de production) qui se baladent dans la ville et le département à destination du port de Strasbourg. Les services de l’État « étudient point par point le trajet emprunté par ces convois. Parfois, c’est juste un trottoir ou un lampadaire, parfois c’est plus compliqué comme un pont qui ne peut pas supporter le poids, » illustre le préfet. Les premiers travaux seront réalisés d’ici juillet 2018 pour un montant de 740 000 €. Un nouveau trajet rejoignant le port de Neuf-Brisach est en étude et sera aménagé pour 2019 pour 1,4 million d’euros.

Dossier eau

L’arrêté préfectoral « sécheresse » a été en vigueur une grande partie de l’été. « Il n’y a pas assez d’eau potable dans le département », déclare Hugues Besancenot. L’évolution climatique n’arrange évidemment rien, « et il y a urgence aujourd’hui » martèle le préfet. Le Grand Belfort et la communauté de communes du sud Territoire ont demandé à obtenir cette compétence. « Un accord avec la Haute-Saône semble le meilleur moyen de régler ce problème, » confie le préfet.

Dossier SERTRID

« Le débat qu’il y a eu autour de cette élection… ce sont des questions dérisoires par rapport aux enjeux du dossier SERTRID, » affirme Hugues Besancenot. Le SERTID doit en effet faire face à un manque crucial de rentabilité. « Un accord dans le cadre du Pôle métropolitain, afin de s’occuper à Bourogne des déchets de tout le secteur semble également la bonne solution ». Seul problème: la dette contractée par le SERTRID il y a quelques années, que les voisins du Territoire de Belfort ne semblent pas très enclins à avoir sur les bras. Un plan de modernisation des installations du SERTRID est également attendu.

Dossier sécurité et radicalisation

« Il y a de temps à autre des problèmes, mais le Territoire de Belfort reste un endroit sans problème majeur, » assure le préfet. Il retient tout de même les cambriolages, en recrudescence auxquels le programme « voisin vigilant » essaie de répondre : « Dans tous les villages où il a été mis en place, il fonctionne bien; on encourage donc les maires à le faire ». Sur le plan de la radicalisation, le préfet rappelle que cinquante personnes font partie du fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste. « C’est un travail de vigilance au quotidien qui porte ses fruits, mais, comme partout, nous ne sommes pas à l’abri », estime le préfet.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.