Belfort: Watt Elles, ces femmes qui cassent les préjugés autour de l'industrie (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Belfort: Watt Elles, ces femmes qui cassent les préjugés autour de l'industrie

Lors de l’événement « Ça turbine » organisé place Corbis à Belfort, l’un des stands a retenu l’attention : Watt Elles. Quatre femmes ont abordé avec les visiteurs la question de l’industrie et des stéréotypes autour des femmes qui travaillent dans ce secteur. Le but : donner envie aux jeunes femmes de se lancer dans cette voie, pour rééquilibrer une filiale principalement masculine.

« À ce rythme, il faudrait attendre 2080 pour atteindre la parité entre chercheurs et chercheuses au CNRS en sciences dures et 2075 pour les écoles d’ingénieurs ! » C’est ainsi que Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation sous François Hollande, avait pointé du doigt les disparités homme/femme dans les sciences et l’ingénierie. Dans des secteurs comme la mécanique ou l’énergie électrique, elles ne représentent que 9 % des ingénieurs français. Deux secteurs très présents dans le nord Franche-Comté. Quatre femmes ont donc décidé de s’impliquer, à l’invitation de la Vallée de l’Énergie, pour casser certains stéréotypes.

Le secteur de l’industrie, rempli de clichés !

Élisabeth Huck (chargée d’affaires à LGE), Aline Dougoud (chargée de communication à la CCI), Sophie Bacchetta (service commercial à General Electric) et Jeanne Schwartzwalder (diplômée de l’UTBM en efficacité énergétique) étaient donc les quatre représentantes de l’industrie qu’avaient choisies les organisateurs de « Ça turbine ». Face à elles, des collégiens et surtout des collégiennes qu’elles ne sont pas venues convaincre, mais « informer, parce que l’industrie est mal connue et pleine de stéréotypes, assure Sophie Bacchetta, L'industrie se résume à la chaîne, au bruit, au travail pénible, la saleté… C’est faux et je pense que ce sont des choses qu’il faut dire. » Car elles n’avaient, au départ, aucun intérêt pour les métiers qu’elles exercent aujourd’hui. « J’aurais peut-être apprécié avoir une conversation avec un professionnel de ce secteur quand j’étais jeune », explique Élisabeth Huck, qui se rêvait professeure de sport.

L’industrie n’était pas une vocation

Pour Aline Dougoud et Sophie Bacchetta, c’était l’humanitaire avec, pour la première la fondation Abbé-Pierre et pour la seconde Médecin sans frontière. C’est également ce qu’elles tentent d’expliquer aux jeunes qui se trouvent en face d’elles : « Votre futur travail n’est pas fixé. Certains, oui, feront ce qu’ils ont envie de faire aujourd’hui, mais un travail se trouve au fil des rencontres. L’important, c’est de rester curieux. » Une curiosité qu’elles mettent en avant, puisqu’elles se disent prêtes à de nouveaux challenges: « L"industrie bouge tellement vite, les métiers sont en perpétuelle évolution; c’est un vrai point fort de ce secteur », explique Jeanne Schwartzwalder, la benjamine de l’équipe et qui, à 23 ans, est prête à se lancer dans la vie active.

À l’évocation de certaines de leurs activités, les collégiens lâchent des « Ça a l’air génial », et leurs avis semblent avoir évolué en quelques minutes de discussions. « C’est la preuve qu’il faut encourager ce genre de rencontre, et pas seulement dans le domaine de l’industrie. Il faut faire évoluer leurs convictions pour qu’ils se trouvent », concluent les quatre femmes, avec conviction.

Petit à petit, les femmes s’imposent dans des secteurs où elles sont numériquement moins présentes et, de petites présentations en grandes ambitions, il ne faudra peut-être pas attendre 2075 ou 2080 pour une véritable parité.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.