Philippe Dessouliers, rédacteur de la dictée de la Foire aux livres et fondateur de Belf'ortho. Philippe Dessouliers, rédacteur de la dictée de la Foire aux livres et fondateur de Belf'ortho. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Belfort : Philippe Dessouliers dicte les mystères de la langue française

Ce dimanche 29 octobre aura lieu la traditionnelle dictée de la Foire aux livres de Belfort. Rencontre avec celui qui la fabrique mot à mot : Philippe Dessouliers. Employé chez General Electric à Belfort, il s’est pris de passion pour les dictées il y a bientôt 20 ans et essaye de mettre un peu d’humeur et d’humour dans un monde qu’on imagine trop souvent archaïque et sage.

Certains aiment les sudokus ou les mots croisés, d’autres sont plus jeux vidéo... Pour Philippe Dessouliers, ce sont les dictées ! Venu d’un monde plutôt scientifique, puisqu’il passe ses journées dans les contrats de General Electric, il s’adonne depuis une vingtaine d’années à sa passion des mots… correctement orthographiés. Tout débute en 2001. « L’association Larousse organisait une dictée à Belfort. Je me suis inscrit en amateur pur et à ma grande surprise je l’ai gagné », se souvient-il. Après ce bon résultat, on lui propose la dictée de Pivot, d’abord au niveau régional. « J’ai encore gagné ; un coup de chance je pense », s’amuse-t-il à dire. Aujourd'hui, on a le sentiment qu’il est encore et toujours surpris d’avoir fait un tel résultat ! Ce n’est que lorsqu’il finit 3e à la dictée de Pivot qu’il commence à vraiment s’intéresser plus en avant à la langue française.

« On ne vient pas à une dictée pour avoir tout juste, sinon on n’a rien appris »

Il faut bien comprendre que pour Philippe Dessouliers, l’exercice n’a rien à voir avec les dictées qui ont rythmé son parcours scolaire. « Ça m’amuse énormément », confie-t-il. Et on l’espère ! Ce sont en effet 15 heures de travail qui sont en moyenne nécessaires pour créer un texte de 300 mots, truffé de sombres règles de grammaire, de mots dont vous ne savez même pas s’ils sont masculins ou féminins ou encore de pièges… « Mais surtout des jeux de mots ! insiste-t-il : J’essaie de faire un texte humoristique parce que si c’est juste une suite de règles on a vite fait de s’ennuyer », sourit-il. Fondateur de Belf’ortho en 2008, un club d’orthographe rassemblant une quarantaine de personnes, il essaye de combattre le mythe du bibliothécaire plongé dans son dico et proche de la crise de convulsion à chaque participe passé mal accordé.

Dimanche, il espère que les champions feront au moins deux fautes : « Car on ne vient pas à une dictée pour avoir tout juste, sinon on n’a rien appris », conclut l’intéressé. L'essentiel est de progresser. De découvrir de nouvelles subtilités. La dictée sera découpée en trois paragraphes, une partie facile pour les enfants, ensuite une partie adulte puis un dernier paragraphe destiné aux habitués des dictées. Le thème sera la mode, comme celui du mois du livre. Si vous avez peur de passer pour un illettré, pas de panique, vous corrigez vous-même votre copie. Philippe Dessouliers vient de publier un nouveau recueil de dictées, 50 dictées commentées, pour décomplexer son orthographe (Éditions du Lion, 10 euros). Une nouvelle manière de rendre la dictée ludique et de percer le secret de bons mots.

Dimanche 29 octobre, à 15 h, dictée de la Foire aux livres, centre des congrès Atria.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.