Le groupe GE a annoncé une restructuration, les employés de Belfort s'inquiètent. Le groupe GE a annoncé une restructuration, les employés de Belfort s'inquiètent. (© My Aire Urbaine : Thibault Quartier)

GE: sans illusions, les salariés belfortains attendent le plan de restructuration du groupe

Entre plan de restructuration, baisse à la bourse, plan social à Grenoble… les salariés de General Electric de Belfort attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Aujourd’hui, la promesse des 1000 emplois créés semble inatteignable pour les employés. Pire: des licenciements sont à craindre. Le nouveau dirigeant de GE doit annoncer son plan de restructuration lundi.

Si Bruno Le Maire a voulu se montrer rassurant lors de sa visite à Belfort en assurant que General Electric créera les 1000 emplois que l’entreprise avait promis lors du rachat d’Alstom, les syndicats, eux, ne sont pas optimistes. Si le site de Belfort reste rentable, les promesses faites aux actionnaires en début d’année ne pourront pas être tenues, et une annonce de restructuration à l'échelle mondiale de GE est attendue le 13 novembre prochain.

Rentable, mais pas assez pour les actionnaires

« Aujourd’hui, le site de Belfort est rentable, explique Hélène Gonon, élue CFE CGC, mais la direction du groupe fait des promesses trop importantes envers ses actionnaires. » En début d’année, le groupe prévoyait un bénéfice par action de 1,60 à 1,70 dollar, bien loin des prévisions actuelles qui s’établissent de 1,05 à 1,10 dollar. Pour tenir ses promesses envers ces actionnaires, il faudra donc céder des parts et dégager des bénéfices. « GE va céder ses branches transport, éclairage et à peu près tout ce qui n‘est pas vraiment au cœur de son activité », estime Scott Davis, analyste chez Melius Research dans une note à ses clients et relayée par le journal La Croix.

Si le groupe se retrouve en difficultés, c’est également à cause d’un marché de l’énergie en berne, « mais le marché de l’énergie se comporte comme cela ! Ça n’explique pas la situation que nous vivons actuellement; le vrai problème, ce sont ces promesses », explique Hélène Gonon.

« Une restructuration sans licenciements, ça n’existe pas ! »

Le lundi 13 novembre, la direction du groupe annoncera donc une restructuration au niveau mondial. « Ce sera une première étape, il faudra voir ensuite les implications à notre niveau, observe Hélène Gonon, mais une restructuration sans licenciements, ça n’existe pas ! » L’inquiétude est donc forte dans les rangs belfortains, et déjà les sous-traitants en font les frais : « il n’y aura pas de machines sur le site de Bourogne dans un avenir proche, tout est gelé actuellement », confie l’élue CFE CGC.

Et le gel de l'activité des sous-traitants semblent général. Si Bruno Le Maire, ministre de l’Économie s’était voulu rassurant sur le fait que GE tiendrait ses engagements, notamment sur la création de 1000 emplois d’ici 2018, aujourd’hui les employés n’y croient pas. « Le gouvernement et la commission de suivi se basent sur les chiffres donnés par General Electric. Cette base est fausse, et c’est ce que l’on a fait comprendre au ministre. » Car le groupe ne crée pas d’emplois; il transforme des prestataires en employés, selon les syndicats. Enfin, il reste toujours l’amende pour chaque emploi non créé de 50 000 euros, « une goutte d’eau » avait confié, résigné, un employé du site il y a quelques semaines.

L’inquiétude est donc grande à quelques jours d’une décision qui pourrait plomber le rachat de la branche transports d'Alstom, déjà bien controversé aujourd'hui, alors qu'il semblait faire l'unanimité lors de son annonce.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.