Le Territoire de Belfort investira 17 millions en 2018 (© MyAireUrbaine)

Le Territoire de Belfort investira 17 millions en 2018

Débat sur les orientations budgétaires, ce jeudi matin, au conseil départemental. Le président, Florian Bouquet, entend continuer à réduire l'endettement tout en préservant les investissements. Bastien Faudot et Christophe Grudler ont quelques doutes.

Florian Bouquet a lancé le débat sur les orientations budgétaires du conseil départemental du Territoire de Belfort en constatant une « reprise progressive dans le département », une tendance à l'amélioration pour l'emploi, avec un taux de chômage qui « repasse sous la barre des 10% ». Mais il s'est empressé de dénoncer le nouveau cadre fixé par le gouvernement pour les départements : une contractualisation avec les préfets, une évolution des dépenses de fonctionnement limitée à 1,4%, réduction de l'endettement, capacité de désendettement fixée à 11 ans maximum.

L'« équation est particulièrement difficile à résoudre », a-t-il expliqué en faisant référence à une hausse tendancielle de la dépense sociale. Il ne voit pas d'autre solution que de procéder à une réduction des dépenses « non contraintes ». Autrement dit, la marge de manœuvre porte sur 20% budget, dans le domaine des dépenses de fonctionnement.

Quelques notes positives tout de même pour y parvenir : une baisse du nombre des allocataires du RSA, les dotations de l'Etat annoncées en stabilité,.

« Nous souhaitons négocier avec le préfet pour que l'Etat prenne aussi ses responsabilités. Nous accueillons les mineurs non accompagnés ; cela représente 1,2 millions d'euros, » a-t-il expliqué.

Le président du conseil départemental a donc dessiné quelques grands axes pour 2018 : stabilisation du budget du RSA, une « politique volontaire pour tendre à une insertion durable », anticiper le vieillissement de la population, accès au droit et à l'information via le numérique : dématérialisation, restructuration de l'aide à domicile, « sacralisation des moyens attribués aux collèges publics ».

Bastien Faudot: "Des contraintes pas si contraignantes"

Bastien Faudot (MRC) a voulu nuancer la reorise en évoquant un risque de nouvelle crise financière. Plus localement, il s'interroge sur Alstom et GE : « Dans les premières annonces de GE, Belfort ne semble pas concerné, mais ils ont rapatrié une partie maintenance et SAV : chaque fois que GE fait cela, c'est pour anticiper une vente et proposer un package global. »
Il a ensuite ironisé sur la critique du président du Département quant aux exigences du gouvernement : « L'essentiel de votre action, c'est de désendetter, donc que Macron vous contraigne à faire ce que vous vouliez faire, cela ne doit pas être une contrainte très forte. »

Et a ensuite défendu la politique de la précédente majorité : « On utilise la dette pour faire peur. On est un peu plus endetté que les autres départements, mais il y a eu le choix d'investir 25 millions sur la zone de La JonXion ; c'est un choix structurant ; Il en est de même pour le plan collèges. Là, c'étaient de vrais choix du président. « Vous pointez les contradictions du gouvernement, mais vous ne voyez pas les vôtres ».
Il s'est ensuite inquiété des économies sur le fonctionnement, des baisses éventuelles de financement du SDIS (évoqué dans le rapport), aux associations.

Inquiétudes aussi du côté de Christophe Grudler : « Vous n'avez pas de vision à moyen terme du dévéloppement de ce départements : quel avenir industriel, quel équilibre des territoires ? Où veut-on amener le département dans 10 ans et comment va-t-on faire ? »
Se plaçant sur la politique nationale, il a souligné que « pour la première fois depuis dix ans, il n'y a pas de baisse des dotations de l'Etat. Vous devriez vous en réjouir ».

Florian Bouquet a estimé que les oppositions font « de la mousse avec rien » !
« Auparavant, on affichait 25 millions d'euros d'investissements et le réalisé était de 16 millions, les meilleures années. On s'est calé sur ce chiffre. L'année prochaine, on sera proches de 17 millions d'investissements, » a-t-il annoncé.
Il s'est montré rassurant sur le SDIS: le budget 2018 est constant par rapport à 2017 et la caserne de Grandvilars sera intégrée dans le budget du SDIS.

Et lui non plus de ne souhaite pas de contractualisation tant que la question des prises en charge par l’État ne sera pas résolu, par exemple pour le RSA.

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.