François Lanneau propose ce week-end la 3e édition du festival Be Bop or Be Dead ! François Lanneau propose ce week-end la 3e édition du festival Be Bop or Be Dead ! (DR)

Belfort : Be Bop Or Be Dead, un festival pour « casser l'image du jazz »

Le festival Be Bop Or Be Dead, pour sa troisième édition, produit des concerts de jazz à Belfort du 17 au 19 novembre 2017. François Lanneau, président de Bonus Track, l'association qui organise l'événement, souhaite avant tout montrer que le jazz est vivant et évolue. Par sa programmation, le festival espère modifier la vision d'une musique trop souvent résumée à un fameux trompettiste de La Nouvelle-Orléans. Pour cela, il propose une programmation riche dans laquelle on retrouve des inspirations de musiques orientales, afro-colombiennes ou venues de la musique classique.

My Aire Urbaine – Comment définiriez-vous le jazz ?

François Lanneau – Je pense que c'est un piège d'essayer de le définir. Il est ce qu'il est, protéiforme et intergénérationnel. Avant le rock, avant le rap, il y avait le jazz et il s'est transformé en une multitude de choses. C'est ce que nous voulons mettre en avant pendant le festival avec des univers très variés et non pas une étiquette "jazz" collée sur chaque artiste. Nous avons même hésité à faire apparaître le mot jazz sur l'affiche, parce que justement nous essayons de casser son image de jazz de La Nouvelle-Orléans.

MAU – Est-ce que l'image "classique" du jazz vous gêne ?

FL – Nous ne cherchons pas à être contre un "jazz à papa" à l'ancienne et Louis Armstrong... J'adore ce style de musique d'ailleurs. Mais aujourd'hui, nous voulons mettre en avant un jazz vivant, créé par des petits jeunes qui ont un talent fou et qui prennent des risques. Ce sont des personnes qui méritent d'être mises en valeur. Sinon elles sont vouées à rester dans un anonymat total.

MAU – Y a-t-il un ou des artistes qui sont vos véritables coups de cœur pour cette édition ?

FL – Nous avons la chance de faire venir des artistes à l'auditorium de Belfort qui ont rempli des salles de 4 000 personnes à Paris ! Sylvie Courvoisier et Mark Feldman sont un couple americano-suisse d’instrumentistes. Je les ai vus à Paris il y a plusieurs mois, je ne m'en suis toujours pas remis... Tout le monde me dit que je suis fou, mais c'est une réelle fierté de les faire venir à Belfort et d'offrir aux Belfortains la possibilité de les voir. Il y a aussi Naïssam Jalal, une flûtiste franco-syrienne, qui évoque dans son dernier album les martyrs de la révolution syrienne. Pixvae a de son côté des inspirations latines et rock. C’est très varié et c’est la force du festival.

MAU – Avez-vous l'impression d'avoir réussi votre coup avec cette programmation ?

FL – Je suis fier de cette programmation et je l'assume. Il y a des artistes que je rêvais de faire venir à Belfort et j'ai fait des milliers de kilomètres pour les voir et les faire venir ! Je n'ai pas une vision comptable de ce festival. J'ai envie de faire découvrir des artistes que j'ai apprécié et que Be Bop Or Be Dead soit un vrai festival de qualité. Si je devais la définir, je dirais que c'est une programmation exigeante et réussie.

MAU – Au-delà des concerts, mettez-vous en place d'autres actions pour remettre le jazz au goût du jour ?

FL – Il y a une véritable action autour de ce concept de décloisonnement, surtout avec les étudiants en musique de Belfort. Nous intervenons au conservatoire, dans les collèges... Le festival est un point de départ pour une année d'actions culturelles. Par exemple, le conservatoire fait la première partie d'un des concerts ; Naïssam Jalal (l'une des artistes présente lors du festival, NDLR) organise des ateliers avec les élèves du conservatoire. Nous essayons d'aller au-delà de leurs cours de musique et de leur présenter des sonorités, des inspirations qui restent malheureusement peu connues.

Be Bop or be dead, du 17 au 19 novembre. Retrouvez le programme complet et les prix sur le site du festival. Des billets sont encore en vente.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.