Le Colruyt d'Offemont ne devrait pas ré-ouvrir avant la 11 octobre. Le Colruyt d'Offemont ne devrait pas ré-ouvrir avant la 11 octobre. (DR)

Colruyt d'Offemont : l'homme condamné à 4 ans de prison

L’homme responsable des explosions des bonbonnes de gaz du Colruyt à Offemont a été condamné à 4 ans de prison, dont une année avec sursis, lors de son audience en comparution immédiate au tribunal de grande instance de Belfort, ce mardi 9 octobre. Récit.

« J’ai pété un câble », assure le prévenu. Pourtant, dans son regard, il ne semble pas tout à fait réaliser. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, un homme de 42 ans est alcoolisé sur le parking du Colruyt d'Offemont. Il ouvre une bonbonne de gaz placé devant le supermarché en passant son bras à travers une grille de protection. Il met le feu à une cagette en bois et très rapidement le feu se propage. Quelques heures, après il se présentera lui-même à la police pour avouer. Le voilà ce mardi devant les juges du tribunal de grande instance de Belfort, dans le cadre d'une comparution immédiate.

« Des débris ont été retrouvés sur la route, 50 mètres plus loin. Heureusement qu’il n’y avait personne », réprimande le juge. Pour le prévenu, tout démarre le 11 juillet selon son avocate. Ce jour-là, sa femme « le met à la porte ». Sans emploi depuis le mois de juin, sans famille et sans attache, il se retrouve sans domicile fixe. Ce rejet, c’est l’élément déclencheur d’une rage qui finira par enflammer une partie du supermarché. Il était en couple depuis 13 ans. « Elle le calmait. Elle lui a offert de la stabilité », explique son avocate. Car le quarantenaire n’est pas un délinquant débutant. En tout, ce sont neuf inscriptions qui sont à son casier judiciaire : violence, outrage, conduites en état d’ivresse… Mais aucune d’entre elle ne date d’après 2003. Un emploi et une femme. « Un cadre qui lui a permis de vivre normalement », explique l’avocate.

Un prévenu peu bavard

Mais après cette séparation, l’homme retombe dans ses travers. Il consomme beaucoup d’alcool. Les menaces à l’encontre de sa femme se font de plus en plus nombreuses. Et violentes. Le juge les lit une à une : SMS, message vocal, messages sur les réseaux sociaux... Le vocabulaire est de choix et fait la part belle aux insultes en tout genre. « Vous vous prenez pour qui pour parler comme cela à votre ex-femme ? » questionne le juge. Il menace aussi sa femme de la tuer, elle qui a alors engagé une procédure de divorce. « Il est sans ressources, sans logement et sombre dans l’alcool », justifie de son côté son avocate.

Le prévenu tente de mettre ça sur un moment d'énervement, exacerbé par l’alcool. « C’est une circonstance aggravante », lui répond sèchement le juge. Peu bavard, le prévenu semble quelque peu dépassé par la rage qui l’a animée lors de cette période de sa vie. Si le procureur de la République caractérise cet événement « d’ultraviolent », l’avocate cherchera à amoindrir cet aspect en mentionnant « un parking totalement désert en pleine nuit ». Au-delà de sa condamnation à 4 ans de prison dont une année avec sursis, à effet immédiat, le prévenu s’est vu signifier l’interdiction formelle de revenir dans le Territoire de Belfort, de revoir sa désormais ex-femme. Il doit également soigner son addiction à l’alcool.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.