Haute-Saône: prison ferme pour "un rodéo de boucher"

Deux jeunes adultes et deux mineurs haut-saônois ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Vesoul pour des actes d'une particulière cruauté contre des vaches. Ils les ont entre autres frappés à coups de hachettes.

Deux hommes ont été condamnés à des peines de prison ferme jeudi à Vesoul pour avoir mené, pour s'amuser, "un rodéo de boucher", en voiture, contre trois vaches en gestation, retrouvées agonisantes, les pattes brisées et le corps entaillé.

Le tribunal correctionnel de Vesoul a respectivement condamné Kevin Boutterin, 20 ans, à une peine de quatre ans de prison et Brendon Billotet, 21 ans, à un an de prison pour notamment "sévices graves et acte de cruauté envers un animal". Tous deux ont en outre interdiction de posséder un animal domestique et de travailler pendant cinq ans avec des animaux. Ils ont reconnu les faits, et expliqué ils voulaient "s'amuser".

En août 2015, les deux hommes, accompagnés de deux mineurs, avaient terrorisé trois vaches en gestation dans un champ à Motey-Besuche, en Haute-Saône, en les poursuivant et en les percutant avec une voiture volée. Ils avaient ensuite frappé ces bovins de 700 kg à coup de hachette, provoquant des plaies allant jusqu'à 25 centimètres de long pour cinq centimètres de profondeur. L'un des bovins avait aussi été aspergé avec un extincteur. Les trois femelles, qui portaient toutes un petit, ont ensuite été abandonnées. Elles ont agonisé pendant dix heures avant d'être retrouvées par leur propriétaire et euthanasiées.

"C'est un rodéo de boucher", a résumé l'avocat de l'association Humanimo, l'une des parties civiles, Me Patrick Uzan.

Avant de commettre ces actes cruels, le groupe de jeunes, sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants, avait commis une série de vols et échappé à une course poursuite avec les gendarmes.

La procureure Emeline Comte avait dénoncé "des faits gratuits" et requis une peine de trois ans de prison ferme pour Kevin Boutterin et une peine de 18 mois de prison, dont 6 avec sursis et une mise à l'épreuve pour Brendon Billotet.

(AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.