Deux salariés de la structure des Jardins des Montvaudois en quête de réinsertion professionnelle à travers l'agriculture. Deux salariés de la structure des Jardins des Montvaudois en quête de réinsertion professionnelle à travers l'agriculture. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Avec les Jardins du Montvaudois, le circuit court devient modèle d’insertion

Les Jardins du Montvaudois à Héricourt permettent à des dizaines de personnes de se réinsérer chaque année dans le monde professionnel. Le travail de la terre et la vente des produits récoltés par des personnes éloignées de l’emploi permettent à l’association de jouer un rôle d’acteur social et environnemental.

En surplombs d’Héricourt, des hommes et femmes de tous les âges plantent des légumes sur une surface de deux hectares. Ils et elles participent à un programme d’insertion, les Jardins du Montvaudois. Réinsérer des personnes très éloignées du travail par l’agriculture, c’est le pari qu’a lancé le réseau Cocagne. Ce dernier a développé 110 jardins dans toute la France. Outre Héricourt, les Jardins d’Idées de Bavans fonctionnent sur le même modèle dans l’Aire urbaine. Pour vivre, la structure vend ses produits : un panier garni de légumes bios de saison par semaine. Il existe sous plusieurs formats et les prix varient entre 2 et 3,5 euros par kilo. Les paniers sont vendus aux 230 adhérents et déposés dans des points de retrait à Belfort ou Héricourt notamment. « On cherche à réhabituer les gens au travail et à les accompagner dans leurs projets professionnels », assure Marie-Agnès Rondot, directrice de l’association. Chaque mois, une quarantaine de contrats à durée déterminée d'insertion (CDDI) sont signés, d'une durée allant de 4 à 16 mois et de 26 à 35 heures par semaine.

L’insertion clé de voûte

Les mains dans la terre ou aux commandes d’un tracteur, les employés de la structure semblent apprécier le travail. « Ça fait plaisir de travailler dehors avec le soleil en ce début de printemps », sourit l'un d'entre eux. C’est d’ailleurs l’un des facteurs de réussite de ce projet. « La plupart découvre cette activité et ceux qui l’apprécient sont souvent des personnes qui aiment travailler à l’extérieur en opposition à un travail dans l’industrie par exemple », confirme la directrice. Alors forcément, le travail de la terre ne plaît pas à tout le monde. Beaucoup de personnes abandonnent, ce qui pousse la structure, pour rester viable, à un turnover important. Aujourd’hui, la moyenne d’âge des employés tourne autour de 40 ans. Après cette expérience, le bilan de la réinsertion reste cependant « mitigé », acquiesce Marie-Agnès Rondot. En 2017, 40 % de ceux qui terminent le programme ont une sortie à l’emploi soit 8 personnes. Au cours des trois premiers mois de l'année, trois personnes ont trouvé un emploi.

Journée portes ouvertes le 5 mai

Malgré la noblesse du projet, la pérennité reste précaire. Même avec la vente des paniers, il est difficile à l'association de trouver un équilibre économique. La surface exploitée est un premier problème. La communauté de commune d’Héricourt a fait un premier geste en accordant un champ de plus à Vernans-Trémoins. Second problème, le roulement des salariés et les difficultés de recrutement. « Ces personnes ont souvent des problèmes de mobilité et comme nous avons des accords avec le Département, par convention, nous ne pouvons faire venir que des personnes habitantes en Haute-Saône », explique Marie-Agnès Rondot. Difficile d'y voir une logique, lorsqu’Héricourt est plus proche de Belfort ou Montbéliard que de Lure… Pour rentabiliser son action qui est d’abord sociale, l’association développe des activités comme le bûcheronnage, pour produire du bois de chauffage. Le samedi 5 mai aura lieu une journée portes ouvertes et une vente de plants bio. Le but : se faire connaître, gagner en adhérents et clients, et valoriser les produits cultivés sur place.

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.