Le Carrefour Contact d'Héricourt devrait fermer cet été. Le Carrefour Contact d'Héricourt devrait fermer cet été. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Héricourt : Carrefour fermé, c'est la fin de l’alimentaire en centre-ville

Centre-ville 4/6 – Le risque d'une fermeture des enseignes Carrefour Contact à Héricourt et à Belfort cet été, faute de repreneurs, témoigne d’une véritable fuite des commerces alimentaires des centres-villes. Reportage.

En pleine réorganisation, le groupe Carrefour cherche actuellement des repreneurs pour ses enseignes City et Contact. Ces petites enseignes de proximité pourraient donc fermer leurs portes dès l’été prochain et Midi-Libre a publié la liste des magasins concernés. Dans cette liste, on retrouve les Carrefours Contact de Belfort (Résidence) et d’Héricourt (centre-ville). Dans ce dernier, les clients s’accordent à présenter un « commerce de proximité pratique pour les petites courses », ou pour le « dépannage » et qui « permet d’éviter les centres commerciaux ». Derrière la fin de ces enseignes se cache donc la fin de l’alimentaire de proximité en centre-ville.

Une « catastrophe » pour le maire

Les salariés de l'enseigne l’ont appris par la presse, mais le maire d’Héricourt qui s’est exprimé dans l’Est Républicain, assurait ne pas être surpris et expliquait : « C’est une catastrophe. C’est un magasin de réelle proximité très apprécié de la clientèle. Il y a des personnes âgées qui y vont. » Car si le consommateur lambda peut s’en accommoder, la disparition de ces commerces a des conséquences néfastes pour les populations à mobilité réduite, dont les personnes âgées. Martial Bourquin, sénateur du Doubs, milite de son côté pour le retour de l’alimentaire dans les centres-villes par le biais du circuit court. Populaire, écologique et réel coup de pouce pour les agriculteurs, cela permettrait à tout le monde de s’y retrouver.

Les horaires, anciennes forces des supérettes

Les enseignes alimentaires installées en centre-ville ont été concurrencés peu à peu par les centres commerciaux installés en périphérie. Le poids d'une offre pléthorique et d'une politique marketing basée sur le prix. Aujourd’hui, l’épicerie du-coin-de-la-rue a perdu son attrait. À cela une raison : souvent utilisé à des horaires tardifs en soirée ou le dimanche pour dépanner, ces horaires sont désormais pratiqués par les centres commerciaux. De fait, l’attractivité des prix des supermarchés ne peut être concurrencée par une supérette de quartier. Selon les révélations de Midi Libre, ce sont en tout 227 magasins en France qui ne trouveraient pas de repreneurs. Outre Belfort et Héricourt, sont mentionnés dans le nord Franche-Comté, ceux de Pont-de-Roide, Lons-le-Saunier ou encore Luxeuil-les-Bains. La direction a cependant assuré que chaque employé se verrait proposer trois offres d’emploi. Si un repreneur peut encore et toujours se manifester, il n'a que jusqu'au 4 juin pour le faire...

Sollicitée, la municipalité n'a pas donné suite à nos appels.

Ce jeudi, suite de notre dossier sur les centres-villes, avec un zoom sur le dynamisme menacé des commerces par les départs des services public.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.