Et si, comme au Barça, des socios participaient à la vie du FCSM? (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Et si, comme au Barça, des socios participaient à la vie du FCSM?

Des supporters du FC Sochaux-Montbéliard ont lancé ces derniers jours une consultation avec pour idée la création d'un groupe de socios qui participeraient à la prise de décision et à la vie administrative du club franc-comtois. 

Inquiet pour le futur du FC Sochaux-Montbéliard, un groupe de supporters a lancé ces derniers jours une large consultation sur Internet. Sur le site Sociochaux, pas de tacle contre les propriétaires actuels, mais un espace de discussion avec une question simple : « Qu’est-ce que les Sochaliens sont prêts à faire pour leur club ? » En moins d'une dizaine de minutes, il est possible de répondre à un questionnaire afin de prendre le pouls des supporters : sont-ils prêts à devenir actionnaires du club ? En ont-ils envie ? Quelles seraient les actions pour lesquelles ils devraient être consultés ? En fond, une petite idée : la création d'un groupe de socios, où ceux qui vont au stade participent à la vie administrative du club. Un statut qui fait ses preuves en Espagne, mais aussi en France. Plusieurs politiques ont déjà donné leur soutien à l'initiative dont la maire de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet. 

Un modèle espagnol qui donne envie

Venu d'Espagne, le statut de socios a été popularisé par le FC Barcelone et le Real Madrid. Dans ces deux clubs, un socio paye chaque année une participation au club. En contrepartie, il a un accès au stade et le droit de participer à la vie du club. Chaque socio représente une voix et vote pour l'élection du président, le choix des sponsors ou encore la rénovation du stade... On pourrait comparer cela au fonctionnement d'une association. À Barcelone, ils sont environ 150 000 et le président du club doit leur rendre des comptes s'il veut conserver sa place. Alors, comparer le FCSM aux deux poids lourds que sont le Barça et le Real peut sembler insensé. Cependant, d'autres clubs moins connus ont le même système comme l'Athletic Bilbao ou Osasuna, deux clubs très attachés à leur culture locale (Pays basque).

« Les joueurs changent, les présidents changent, les supporters restent »

En France, c'est l'En Avant Guingamp (EAG) qui a joué les précurseurs dans le domaine. En 2017, ils lancent une grande opération appelée Kalon, « cœur » en Breton. L'inscription à vie coûtait 40 euros et près de 15 000 supporters ont participé à l'opération. La somme récoltée a permis à l'association ainsi créée de racheter plus de 6 % de parts du club et d'en devenir le premier actionnaire. Moins influent qu'en Espagne, ces supporters sont pourtant bel et bien présent lors des conseils et assemblées organisés par l'EAG. « Les joueurs changent, les présidents changent, seuls les supporters restent, et je souhaitais représenter toutes ces personnes qui sont dans les tribunes à chanter », s'était félicité Arnaud Toudic, le président du Club des Kalon EAG, juste après son élection. Réalisée sous l'impulsion du président guingampais, cette action a pour mérite de faire participer les supporters dans un football moderne qui semble toujours un peu plus éloigné des réalités.

Face à la communication peu rassurante du club depuis plusieurs mois, les supporters répondent donc qu'ils sont prêts à s'investir pleinement avec les jaunes et bleus. Peut-être le début d'une belle histoire... à portée de clics. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.