Les conseillers régionaux se sont fait l'écho des inquiétudes sur les fermetures de services d'urgence, de maternités ou encore de services de chirurgie, qui agitent plusieurs départements de la région. Les conseillers régionaux se sont fait l'écho des inquiétudes sur les fermetures de services d'urgence, de maternités ou encore de services de chirurgie, qui agitent plusieurs départements de la région. (Photo Pixabay)

La Bourgogne-Franche-Comté s'oppose au projet régional de santé de l'ARS

Les élus régionaux ont été unanimes pour s'opposer au projet régional de santé, notamment en raison des accès aux urgences. Mais leur avis n'est que consultatif.

La Bourgogne-Franche-Comté s'est prononcée mardi contre le projet définissant les grands axes de sa politique de santé pour 2018-2022, face à la situation "extrêmement préoccupante" de certains territoires ruraux, notamment en termes d'accès aux urgences.
L'avis du conseil régional, qui n'a qu'une valeur consultative, a été adopté à l'unanimité des élus, qui ont interpellé longuement le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS), Pierre Pribile, venu présenter le document.
La présidente du conseil régional, Marie-Guite Dufay(PS), a dénoncé les propositions "dramatiquement insuffisantes" de son projet régional de santé (PRS).

"'il faudrait 40 médecins généralistes, 880 infirmiers et 1000 médecins spécialistes supplémentaires"

"Il ne faut pas fragiliser les services d'urgence, qui sont malheureusement les seuls lieux d'accès permanent aux soins connus par le public", a notamment plaidé Mme Dufay, indiquant qu'il faudrait "240 médecins généralistes, 880 infirmiers et 1000 médecins spécialistes supplémentaires pour revenir dans la moyenne nationale".
Les conseillers régionaux se sont fait l'écho des inquiétudes sur les fermetures de services d'urgence, de maternités ou encore de services de chirurgie, qui agitent plusieurs départements de la région. Les conseils départementaux de Côte-d'Or, de l'Yonne ou encore de la Nièvre se sont déjà prononcés à l'unanimité contre le projet de l'ARS, après certains conseils municipaux, comme celui d'Autun (Saône-et-Loire), commune de 14000 habitants inquiète pour le devenir de son hôpital.
L'ARS, dont le directeur s'est dit prêt à travailler à un dialogue avec les collectivités, "étudiera l'ensemble des propositions formulées et en tiendra compte pour arrêter d'ici la fin du premier semestre une version finale du
PRS", a indiqué une porte-parole de l'agence.

Dialoguer avec les élus

"L'enjeu n'est pas d'émettre un avis favorable ou défavorable, mais de participer à la construction de ce document en émettant un avis circonstancié et en formulant des propositions d'amendement de ce document", a ajouté la même source.
Parmi les sujets soulevés mardi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté figuraient les inquiétudes sur le devenir des urgences de nuit à Clamecy, dans la Nièvre, qui avaient poussé plus de 70 élus, dont 35 maires, à remettre leur démission fin février au préfet.
Préoccupations partagées par d'autres territoires, alors que l'ébauche du projet régional de santé recense six structures d'urgences dont l'activité est inférieure à 11500 passages annuels: Clamecy, Decize (Nièvre), Gray (Haute-Saône), Tonnerre (Yonne), Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) et Saint-Claude (Jura).
L'ARS a garanti début avril qu'aucun de ces services ne fermerait, mais que certains seraient réorganisés. Les urgences de nuit à Clamecy et à Tonnerre, notamment, devront fonctionner avec un seul médecin assurant "à la fois les sorties SMUR (service mobile d'urgence et de réanimation) et l'accueil des quelques patients".

(AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.