Les syndicats estiment que GE ne respecte pas les engagements pris lors de la signature des accords en 2014. Les syndicats estiment que GE ne respecte pas les engagements pris lors de la signature des accords en 2014. (© MyAireUrbaine - P.-Y.R.)

General Electric: les syndicats réclament un nouvel accord sur l'emploi

En novembre, le solde était négatif de 590 postes, selon la commission d'enquête. Au contraire, la direction France de GE avait elle comptabilisé 358 créations nettes à fin 2017.

Trois syndicats de General Electric (GE) réclament un nouvel accord entre l'Etat et le conglomérat américain sur la création d'emplois en France, l'actuel accord qui arrive à échéance ne respectant pas l'engagement de 1000 embauches nettes, a-t-on appris mercredi de source syndicale. L'intersyndicale CFE-CGC, CFDT, Sud a rédigé une "demande de signature d'un nouvel accord entre GE, l’État et les organisations syndicales", une "seconde chance à donner" au groupe américain pour "respecter ses engagements", selon le texte dont l'AFP a eu copie.

Ce texte a été remis mardi aux membres de la commission d'enquête parlementaire sur la politique industrielle de l’État constituée à la suite de la vente de plusieurs fleurons français à des groupes étrangers, dont la branche énergie d'Alstom à General Electric en 2014. Cette cession s'était accompagnée d'un accord, signé le 4 novembre 2014, sur la création de 1000 emplois en France dans un délai de quatre ans. L'objectif ne sera pas atteint, quelles que soient les différentes comptabilisations, ont dénoncé les syndicats, qui font état "au mieux" d'un solde "légèrement positif" entre créations et suppressions d'emplois.

En novembre, le solde était négatif de 590 postes, selon la commission d'enquête. Au contraire, la direction France de GE avait elle comptabilisé 358 créations nettes à fin 2017.

Des projets non concrétisés à Belfort

Plusieurs projets de développement ne se sont pas concrétisés à ce jour sur le site de Belfort, comme la création d'une "usine du futur" et la relocalisation d'activités dans les turbines à gaz, ont déploré les syndicats.
Un nouvel accord viserait aussi à "protéger notre outil industriel et nos emplois après fin 2018" alors que la branche énergie de GE est engagée depuis fin 2017 dans un vaste plan de suppression de 12000 postes dans le monde , dont 4500 en Europe, a souligné l'intersyndicale.

L'accord actuel a au moins "protégé la France jusqu'à aujourd'hui" de ces mesures, a-t-elle relevé. GE avait cependant annoncé la suppression de 345 emplois dans son site " Hydro " de turbines hydroélectriques à Grenoble. Le nouveau texte devrait "encadrer les cessions d'activités GE localisées en France à des entreprises qui ont une politique de développement industriel", "garantir et préserver les intérêts français dans les activités stratégiques (parc nucléaire, propulsion navale militaire)" et "définir des pénalités financières dissuasives en cas de non-respect de ses termes", a réclamé l'intersyndicale

(AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.