L'industrie représente environ 20 % des projets de recrutements dans le nord Franche-Comté. L'industrie représente environ 20 % des projets de recrutements dans le nord Franche-Comté. (archives MyAireUrbaine - P.-Y.R.)

8 000 projets de recrutement en 2018 dans l'Aire urbaine Belfort-Montbéliard [Infographie]

L'an dernier, le bassin d'emplois de Belfort-Montbéliard est repassé sous la barre des 10 % de demandeurs d'emplois. L'enquête sur les besoins de main d'œuvre en 2018 menée par Pôle emploi donne à penser que cette tendance va se confirmer cette année.

Quelle sera l'évolution de la courbe du chômage cette année dans l'Aire urbaine ? Autrement dit, les entreprises vont-elles recruter en 2018 ? Pôle Emploi essaye de répondre à cette interrogation chaque année en menant une enquête dite « BMO », pour « besoins en main d'œuvre ». Il en ressort que quelque 8 000 projets de recrutements sont déclarés par les entreprises qui ont bien voulu répondre au questionnaire de Pôle emploi, lancé via une campagne de mailing, des appels téléphoniques, etc. Plus de 23 % des entreprises du nord Franche-Comté y ont répondu. Un chiffre qui se situe dans la moyenne et qui, pour Pôle emploi, permet d'obtenir des résultats assez fiables : Pôle Emploi constate que 80 % des projets de recrutements annoncés les années précédentes se sont concrétisés.

Mais une étude reste une étude et le poids des entreprises qui répondent au questionnaire peut induire des tendances fortes à nuancer. Par exemple, les besoins en intermittents du spectacle doivent être mis en perspective avec les Eurockéennes de Belfort dont le besoin, réel, reste cependant ponctuel. De même, les besoins en métiers de santé n'émergent pas de la dernière étude. Les établissements hospitaliers font-ils partie de 23 % des structures qui y ont répondu ?

Reste que les 8 000 perspectives de recrutements dans la zone Belfort-Montbéliard sont encourageants. Près de 39 % des projets de recrutements sont évalués comme étant difficiles par les chefs d'entreprises. Et c'est là un des intérêts de cette étude BMO : sa vocation est d'anticiper ces difficultés, en mettant en place des dispositifs de recrutement ou des formations adaptées. Les services représentent plus de 60 % des projets de recrutements, l'industrie de l'ordre de 20 %. Parmi les métiers porteurs émergent ceux d'agent d'entretien ou d'ouvriers non qualifiés. Les métiers pour lesquels les recrutements sont déclarés par les chefs d'entreprise comme étant difficiles à pourvoir portent sur les agents de sécurité (avec des contraintes réglementaires fortes) et les ingénieurs d'études (pour lesquels l'attractivité de la région semble être un frein : alors qu'ils sont fortement mobiles, ils préfèrent par exemple la région lyonnaise au nord Franche-Comté).

Anticiper pour mieux préparer les demandeurs d'emploi

Cette enquête va guider l'action de Pôle emploi dans les mois à venir. Une vingtaine de conseillers de Pôle emploi dans l'Aire urbaine sont dédiés au contact avec les PME. Ils interviennent sur les analyses de poste, la définition des profils, voire l'aide au recrutement en effectuant une pré-sélection avant les entretiens. Pôle emploi propose également des périodes d'adaptation au poste de travail, des périodes d’immersion en entreprise (PMSMP, période de mise en situation professionnelle), cherche à adapter ses tests aux activités des entreprises. Pour les plus autonomes, une appli mobile « je recrute » a été mise au point et des "Salons de recrutement en ligne" peuvent être mis en place : ils permettent de poster directement un CV en ligne pour un employeur et de prendre rendez-vous en ligne.

Avec la Région (qui a en charge la formation des demandeurs d'emploi), les OPCA (organismes financeurs), l’État, les entreprises, Pôle emploi développe des partenariats pour mettre en place des formations parfois sur mesure. L'exemple emblématique dans la zone de Belfort-Montbéliard est celui d'Hermès : les formations en cours sont destinées à anticiper les besoins en recrutement jusqu'en 2021.

Media

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.