Un rapport de l’observatoire national interministériel de la sécurité routière tend à prouver que d'abaisser la vitesse sur les routes départementales permettrait de réduire la mortalité sur les routes. Un rapport de l’observatoire national interministériel de la sécurité routière tend à prouver que d'abaisser la vitesse sur les routes départementales permettrait de réduire la mortalité sur les routes. (CC0 - Creative Commons)

Sécurité routière : le rapport qui donne raison au 80 km/h [Infographie]

Un rapport publié par l’observatoire national interministériel de la sécurité routière assure que les routes nationales et départementales aménagées et jugées comme sûres sont au contraire celles qui provoquent le plus d’accidents mortels. Un argument de plus pour la limitation à 80 km/h.

Le 1er juillet, « les routes bidirectionnelles sans séparation », autrement dit les routes nationales et départementales, seront limités à 80 km/h et non plus à 90 km/h. Face à l’opposition des associations de motards, d’automobilistes ou encore de certains partis politiques qui demandent une adaptation de la limitation en fonction de l’état de la route ou de sa dangerosité, le gouvernement a trouvé une parade : un rapport de la sécurité routière. 24 pages qui expliquent avec des données chiffrées qu’une route parfaite en ligne droite est plus dangereuse qu’une petite départementale sinueuse. En séparant les routes où il y a un fort trafic et qui ont subi par les collectivités des aménagements de sécurité (îlots, voies pour tourner) des routes moins fréquentées et donc moins bien aménagées, le rapport constate que les 20 % des routes les mieux équipées concentrent 55 % des accidents mortels. « Même s’il est contre-intuitif que le réseau le plus confortable soit celui qui enregistre le plus d’accidents mortels, les études successives confirment que les bénéfices d’un abaissement de la vitesse maximale autorisée seront en grande partie liés à ce réseau », assure le rapport. 

Le nord Franche-Comté ne fait pas exception

Le rapport présente des chiffres sur la période 2012-2016. En Haute-Saône, 59 % des accidents mortels ont eu lieu sur 8 % des routes, les routes nationales et départementales dites à haut niveau de service. Ainsi, ce sont 55 personnes qui ont perdu la vie dans des accidents sur ce type de route, soit 71 % des personnes tuées dans tout le département. Dans le Doubs, 55 % des accidents mortels, représentant 118 morts, ont eu lieu sur 15 % du réseau routier du département. Enfin, dans le Territoire de Belfort – même si les chiffres sont beaucoup moins significatifs au vu de la population et de la taille du réseau routier – 13 personnes ont perdu la vie sur ce type de route, représentant 43 % des tués sur cette même période. Il est à signaler que les trois départements sont au dessus de la moyenne nationale concernant le nombre de jeunes âgés de 18 à 24 ans qui décèdent dans un accident de voiture. Alors que sur le plan national, pour un million de personnes de cette tranche d’âge, 122 meurent dans un accident de voiture, le ratio s’élève à 171 dans le Doubs, à 200 en Haute-Saône et à 126 dans le Territoire de Belfort.

 

Media

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.