Les Eurockéennes sont une véritable marque de l'Aire urbaine. Les Eurockéennes sont une véritable marque de l'Aire urbaine. (© Jean-Baptiste Laude)

Eurockéennes : près de 13 millions d’euros de retombées économiques [Infographie]

Lors de l’édition 2017 des Eurockéennes, deux chercheurs, Emmanuel Négrier (CNRS) et Aurélien Djakouane (Nanterre), aidés par des professeurs et des étudiants de l’IUT de Belfort-Montbéliard, ont réalisé une vaste enquête sur l’aspect économique du festival.

Un Corse avait expliqué aux membres de l’équipe en charge des questionnaires : « Ici, vous êtes fous avec les Eurockéennes, c’est comme avec Peugeot ! » Véritables marques locales, les deux entités partagent également un rendement économique pour l'Aire urbaine non-négligeable. En 2017, les Eurockéennes ont généré près de 13 millions d’euros de retombées économiques territoriales directes et indirectes. Dans les retombées directes (2,5 millions d’euros), on trouve les dépenses, principalement territoriales, du festival pour son organisation (installations des scènes, renaturation du site...). Dans les retombées indirectes (10,3 millions d’euros), on trouve les dépenses du festivalier (logement, nourriture, transport…). « Des recettes globalement en hausse qui, au-delà de l’intérêt culturel de l’événement, témoigne d’un réel attrait économique pour le territoire », explique Emmanuel Négrier, chercheur du CNRS, membre de l’étude.

Des sponsors moins visibles

En moyenne, le festivalier de 2017 a dépensé 63 euros par jour. En 2014, il dépensait 59,73 euros et 57,7 euros en 2010. Pour le festival, le festivalier est également une source de revenus par son exposition à des dizaines de sponsors au cours du week-end. « Au départ, ils étaient vus comme un mal nécessaire. Aujourd’hui, ils font partie du paysage. Et le problème de cette banalisation, enfin surtout pour ces sponsors, c’est qu’ils ne se distinguent plus. Lorsqu’on demande les marques que le festivalier a remarquées, six marques se distinguent et c’est tout », explique Emmanuel Négrier. Le festivalier est pourtant sensible aux petites attentions des sponsors : du chapeau à la boisson offerte à l’arrivé sur le site, de la possibilité de recharger son téléphone ou à retirer de l’argent... « Le festivalier accepte les sponsors s’il y a une forme d'intéressement commun en quelque sorte », poursuit le chercheur au CNRS.

Si l'intérêt économique permet à un tel événement de survivre, l'intérêt culturel et sociétal reste la pierre angulaire d'une réussite territoriale qui fêtera sa 30e édition cet été.

Media

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.