Désertification des centres-villes : causes et solutions (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Désertification des centres-villes : causes et solutions

Centre-ville (2/6) – David Lestoux est le gérant du cabinet Lestoux et Associés, une société qui réalise des expertises pour les collectivités afin de redynamiser les centres-villes et de rendre attractif les territoires. Il présente les axes à prendre en compte pour redonner vie à des centres-villes désertés par la population.

Au mois de mars, le gouvernement a annoncé le lancement du plan Coeur de ville. 5 milliards d’euros répartis entre 222 centres-villes en difficulté, dont ceux de Montbéliard et de Belfort. Derrière cette aide proposée par le gouvernement, on trouve David Lestoux, gérant du cabinet Lestoux et Associés. La Région ne lui est d’ailleurs pas inconnue, puisqu’il a réalisé une étude pour la ville de Montbéliard. En France, le taux de vacance des commerces de centre-ville est passé de 6-7 % en 2012 à 12-13 % en 2017. Et les villes nord franc-comtoises ne font pas exception, avec des taux de vacances supérieur à 10 %. Les causes sont connues : l’essor de l’e-commerce et des grandes surfaces en périphérie des villes. Pour David Lestoux : « Le problème des commerces est important, mais aujourd’hui il y a un vrai enjeu plus global : la place des centres-villes dans nos territoires. » Lieu de rencontres et de vie en société, cette baisse de dynamisme ajoutent à un certain renfermement de la société sur elle-même.

Faire venir les gens en centre-ville

Pour redynamiser les commerces de centre-ville, la principale donnée est le flux de passants. « Depuis des années, on fait de plus en plus pour la périphérie. On fait le contraire de ce qu’il faut faire. Les centres-villes sont déjà déstabilisés et on leur enlève tout ce qui leur permet de créer un flux », explique David Lestoux. Premier facteur à prendre en compte, l’habitat. Si le taux de vacance des commerces est supérieur à 10 %, les taux de vacance des logements peuvent atteindre 25 % dans certains centres-villes. « Peu rénovés, ces logements sont “à l’ancienne” : peu de lumière, des petites chambres. Ils ne correspondent pas à ce que la population cherche. En plus, les grands appartements ont été découpés en plusieurs petits par les propriétaires. Les personnes qui y vivent sont, pour caricaturer, des jeunes ou des personnes âgées. Cela conduit à une paupérisation des centres-villes », illustre David Lestoux.

L’importance des services est également essentielle. Des centres médicaux aux services publics ou d’éducation, la périphérie est privilégiée soit par l’État soit par les collectivités locales. Le privée s’en est aussi allé. « On aimerait que les gens vivent en ville, mais leur travail est en périphérie ! Depuis une dizaine d’années, les activités tertiaires ont migré vers la périphérie. Il faut créer des pépinières d’entreprises dans les centres-ville », assure David Lestoux. Dernier élément à mettre en œuvre, « le côté affectif d’une ville ». De la beauté des bâtiments et des paysages à celles des terrasses de café, « il doit y avoir une envie de se balader ».

Dans les exemples de centre-ville de l’est de la France qui retrouvent peu à peu un certain dynamisme, l’institut Procos, une fédération représentative du commerce spécialisé, met en avant dans ses classements annuels les villes de Strasbourg, Mulhouse ou encore Pontarlier. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.