La ligne Belfort-Delle lors de la pose du premier rail. La ligne Belfort-Delle lors de la pose du premier rail. (© My Aire Urbaine - Thibault Quartier)

La droite belfortaine inquiète pour les futurs horaires de la ligne Belfort-Delle

La droite belfortaine est montée au créneau contre la future ligne Belfort-Delle-Bienne. Les élus dénoncent des horaires inadaptés, aucune certitude sur la gratuité pour les scolaires et aucun train qui réalise la trajet Belfort-Bienne au complet.

« Si on voulait tuer la ligne, on ne s’y prendrait pas autrement. » Les élus de la droite belfortaine ont découvert avec inquiétude les cadences horaires de la ligne Belfort-Delle-Bienne qui devrait ouvrir au mois de décembre 2018. Les députés et sénateurs du Territoire de Belfort Ian Boucard et Cédric Perrin, le président du conseil départemental Florian Bouquet et le président du Grand Belfort Damien Meslot se mobilisent donc contre un service en inéquation « avec ce pour quoi nous avons payé ». Au centre de leur préoccupation deux points : les horaires, notamment des transports scolaires et l’absence de ligne directe Belfort-Bienne. Du coté de la Région, premier contributeur financier et en charge des TER, on s'« étonne du manque de cohérence » des élus belfortains et on rappelle le coté « temporaire des grilles horaires »

Les lycéens du sud territoire devront être matinaux

« Ce système est totalement inadapté aux scolaires », assène d’entrée de jeu Damien Meslot. Selon les quelques déclarations concernant les horaires des trains, qui sont pour le moment confidentiels, il n’y aurait que trois retours possibles le soir à 16 h 27, 17 h 44 et 18 h 44. Un lycéen qui finirait sa journée à 18 h ne rentrerait donc chez lui qu'après 19 h. Concernant les départs le matin, l’arrivée en gare de Belfort se ferait à 7 h 23.

Du coté de la Région et de Michel Neugnot, vice-président en charge entre autre des transports, on assure que «  les horaires ne sont pas définitifs. Une étude est en cours. Si jamais le train n'est pas compétitif face au bus, alors cela ne se fera pas ».

Autre sujet d’inquiétude: la gratuité de ces transports pour les scolaires. Michel Neugnot s'étonne à nouveau, puisqu'il assure que "« c'est au SMTC du Territoire de s'occuper des transports scolaires dans le Territoire et non à la Région ».

Un changement obligatoire à la gare TGV

Second point de dissonance, l’impossibilité actuelle pour les trains suisses d’arriver jusqu’à Belfort. La ligne Belfort-Bienne n’existera pas. Si cela avait été annoncé depuis le début du projet, les élus belfortains avaient espéré faire céder SNCF réseau et permettre une continuité des transports. Ainsi, tous les trains suisses s’arrêteront à la gare TGV et pour arriver jusqu’à Belfort il faudra faire un changement. « Tout ça pour éviter une concurrence du réseau suisse », regrette Damien Meslot, qui assure qu’il n’y a aucun problème technique qui pourrait « empêcher qu’ils arrivent jusqu’à Belfort ».

Si les Suisses étaient bien sûr plus intéressés par la gare TGV que par la ville de Belfort, Claude Joly, la présidente de la maison du tourisme regrette l'absence de cet attrait pour la ville de Belfort. Un souhait, selon les élus belfortains, qui se retrouve de l’autre côté de la frontière. Et pour cause, selon le vice-président à la Région, qui assure que les élus belfortains réalisent du « lobying » pour les trains suisses : « Je considère qu'on peut faire ce partage des eaux, une moitié suisse, l'autre française. Nous ne reviendrons pas sur cela »

 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.