PSA: augmenter les horaires de travail à Sochaux, « hors de question » (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

PSA: augmenter les horaires de travail à Sochaux, « hors de question »

L’arrivée de l’accord collectif à Vesoul qui viserait à augmenter le temps de travail fait craindre aux syndicats qu’il ne soit appliqué dans d’autres usines et notamment celle de Sochaux. Peu de chance pourtant, les usines étant dans des situations totalement différentes.

« Cette première attaque sur le site de Vesoul annonce une série d'attaques sur l'ensemble des usines du groupe », assurait la CGT à l’annonce du projet local initié à Vesoul. Ce projet consiste, en utilisant les nouvelles particularités du droit du travail réformé par le gouvernement d'Édouard Philippe, à augmenter, sur le seul site de Vesoul, le temps de travail de 33 minutes par jour en contrepartie d’une augmentation salariale de 2,8 %. Le tout, en supprimant 150 CDI par an jusqu’en 2020.
Pour la CFDT des sites de Sochaux et Belchamp, cela reste bien sur un « sujet d’inquiétude », mais le syndicat assure que « ce sera un non ferme au vu de la forme actuelle de l’usine. C’est hors de question », conclut simplement Benoit Vernier, secrétaire à la CFDT.

Les syndicats sochaliens au secours des collègues

Ce 22 mai, la journée de mobilisation avait donc un double sens à Vesoul. Les conversations commençaient entre les syndicats et la direction pour cet accord local, tandis que d’autres syndicalistes avaient rejoint la fonction publique dans la rue. Interrogés par France 3, les manifestants dont certains venaient de Sochaux, n’ont pas caché leurs inquiétudes. Pourtant, pour la CFDT, le projet de Vesoul n’a rien à voir avec celui de Sochaux : « Ils sont dans un milieu très concurrentiel. À Sochaux et Belchamp, tout tourne à plein régime, il n’y a pas d’obligation pour la survie de l’usine. » Cependant, le recours à ce plan local ne convainc pas. « Si c’est un problème de compétitivité, il y a d’autres choses à faire avant d’augmenter le taux horaire et peut-être regardé l’organisation du travail », assure Benoît Vernier. Si le plan inquiète, le voir appliqué à Sochaux semble donc irréalisable pour les syndicats, par manque d’arguments de la direction.

À Vesoul les négociations sont lancées

Les discussions à Vesoul viennent de commencer. Pour que cette augmentation du temps de travail devienne effective, les syndicats doivent signer l’accord collectif. Ils pourraient cependant l’accepter face à la menace de non-compétitivité et donc de possible fermeture. Si des accords sont validés, que ce soit ceux annoncés pour le moment ou d’autres revus lors des quatre discussions qui auront lieu jusqu’à mi-juin, les contrats de travail seront modifiés. De fait, ceux qui refuseront cet accord pourront être licenciés par la direction sans autre motif. Le sort des employés est donc entre les mains des syndicats.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.