Maude Clavequin et Michel Neugnot ont souhaité "rétablir la vérité". Maude Clavequin et Michel Neugnot ont souhaité "rétablir la vérité". (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Ligne Belfort-Delle: la Région règle ses comptes

Michel Neugnot et Maude Clavequin se sont présentés devant la presse pour évoquer la future ligne Belfort-Delle. Face aux accusations des élus belfortains et des représentants suisses, les deux vices-présidents de la Région ont décidé de régler leurs comptes.

« Nous sommes là pour rétablir quelques vérités. Il y a eu des déclarations preuves d’une véritable malhonnêteté intellectuelle. » Maude Clavequin et Michel Neugnot, vice-présidents (PS) à la Région ont décidé de réagir. D’abord attaqués directement par les élus de la droite belfortaine, ils ont ensuite essuyé les critiques des représentants suisses.
Le discours est cependant le même partout: « On devrait tous aller dans le même sens, car c’est un beau projet », assure Michel Neugnot. Ces mêmes mots utilisés par les élus belfortains et les représentants suisses témoignent de l’omniprésence des querelles politiques sur des sujets importants pour l’avenir du Territoire.
Une omniprésence que les élus de la gauche régionale ne comprennent pas : « Ce genre de chose ne doit pas se régler par médias interposés. »

Les élus belfortains « malhonnêtes »

Dans la liste des premières revendications des élus belfortains se trouvait la garantie de gratuité des transports scolaires. Il est vrai que la compétence des transports scolaires est passée avec l’arrivée de la loi NOTRe des départements aux régions. Cependant, le Territoire de Belfort est particulier. Tous les transports sont gérés par le syndicat mixte aux transports en commun (SMTC). « Nous n’avons aucune compétence pour faire en sorte que les transports scolaires soient gratuits », assure Michel Neugnot. La Région est ainsi actionnaire du SMTC à hauteur de 23 %, de la même façon que le département à l’époque, explique-t-il. « Nous influons sur la politique du SMTC, mais nous ne sommes pas majoritaires et notre participation est à la même hauteur que celle du Département il y a quelques années. Expliquer que si les transports ne sont pas gratuits pour les scolaires, c’est de notre faute, c’est malhonnête », assure Maude Clavequin.

La Suisse, de compromis en compromis

Avec la Suisse, le débat semble moins se résumer à un conflit politique. L’argent semble en effet au coeur des discussions. David Asséo, délégué aux transports au service du développement territorial du canton du Jura, expliquait que l’obligation pour les trains suisses de s’arrêter à la gare TGV et de ne pas poursuivre vers Belfort n’avait que des causes financières. « C’est faux », assurent les élus régionaux.
Preuve à l’appui: le scénario dans lequel une ligne française ferait la navette entre Belfort et Delle sans trains suisses coûterait moins cher (1,5 million d’euros) à la Région que le programme actuel. De même, la diminution du nombre de navettes par rapport à ce qui était annoncé au tout début du projet, assure Michel Neugnot. C’est à cette même époque qu’il a été convenu d’un compromis financier entre les représentants suisses et la Région, et aussi de l’impossibilité des trains suisses d’avoir accès à la gare de Belfort.
« Pepy a dit non », assure Michel Neugnot, évoquant le directeur de la SNCF. « Cependant, depuis le départ, les Suisses souhaitent arriver jusqu’à Belfort; ce n’est pas une nouveauté », assure le vice-président en charge des mobilités. L’accès ne devrait cependant pas leur être accepté. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.